Vendredi 15 août 2008
Me revoilà ! Et pour un billet de retour, c'est un direct à la mâchoire du système... Sur les rails. C'est ce qu'on réservait aux escrocs dans le lointain Far West. Goudrons et plumes pour ceux qui tentaient de nous... plumer. Ces jours-ci, l'instinct primaire l'emporte sur mon calme olympien.

On va dire que je me répète, mais l'Assedic et la Caf, c'est une vaste fumisterie. Du racket organisé au niveau étatique, légitimé. Les premiers me réclament 700 €, les seconds 459. Pourquoi ? Parce que selon eux, j'ai touché de l'argent alors que j'avais déjà repris le travail. Ils ont fait fi de mes déclarations de changement de situation. Ces corniauds de l'Assedic ont même égaré mon dernier recommandé ! Trop perçu, mise en demeure. Incompétence, arrogance.
Vous parlez d'assistés ? Je réponds accablés, harcelés, assiégés.

Eternelle justification
Le chômeur, le pauvre, le smicard, à bien des égards, s'apparente au tôlard. Il doit sans cesse se justifier. Prouver sa pauvreté. Pointer chaque mois, comme un prisonnier en liberté conditionnelle. Numéroté, administrativé, déshumanisé, il vit sous le regard inquisiteur de ses soi-disant pourvoyeurs : banquiers, assureurs, agents immobilier, organismes "sociaux"... Les riches n'ont pas ces problèmes, décomplexés comme une certaine droite.
Pendant ce temps, les jeunes, les travailleurs pauvres triment. Pour être tout à fait honnête, je gagne désormais 2 smics par mois. Mais si Assedic et Caf décident de m'en soutirer un, je fais comment ? Et ceux qui gagnent moins que moi ? Chez ces gens là, on n'vit pas Monsieur, on n'vit pas.

Crache, crache

Ma conscience ne s'est pas endormie en même temps que mes alloc'. Bien au contraire, l'esprit de révolte perdure. Comme seul remède à la pire des maladies dégénérescentes : l'embourgeoisement. Mais j'en suis loin. Alors que le confort semblait poindre, Assedic et Caf me proposent de racheter ma pauvreté. Un peu plus de 1100 € pour retrouver découvert, agios et pâtes en fin de mois.
Dur de gravir les échelons quand on vous marche dessus. Contrairement à ce que l'on croit, le plus dur c'est bien le décollage. Bienvenue dans le pays où la vie est trop chère. Argent trop cher, crache, crache. Nivellement par le bas. Pendant que la TVA perpétue le génocide des petites gens, les plus gros contribuables reçoivent des chèques du Fisc : 20 000, 30 000, 50 000 euros. Qui dit mieux ? On appelle ça le cadeau fiscal. Les écarts se creusent et le gouvernement encourage la tiers-mondisation de notre économie. On a assassiné le réparateur de l'ascenceur social. Sacrifié sur l'autel de la rentabilité. Voyageurs vers Utopia, terminus. Gare à la... chut !

J. M.

Légende photo : Oncle Picsou, nouveau président de l'Assédic.
Par J. M.
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