Vendredi 1 février 2008
L'enfant roi ne supporte aucune brimade. Quand une gifle part, c'est l'éducation nationale qui est pointée du doigt. Et si on reparlait d'autorité parentale ?

Quand un élève reçoit une claque, il est de bon ton de taper sur les profs.  Mais pourquoi donc ?

1 - Parce que ce sont des fonctionnaires (si ça c'est pas une tare, hein ?)
2 - Parce qu'ils ont plus de vacances que nous.
3 - Parce qu'ils ont la sécurité de l'emploi (ce qui revient au premier point, je vous l'accorde).

Pour toutes ces raisons, les profs - ces fainéants toujours en grève - n'auraient qu'un seul droit, celui de la fermer, même face aux insultes.

Débutant à 1500 €, atteignant au grand maximum 2921 € après 30 ans de carrière (pour un professeur des écoles non agrégé), les profs ne sont pas forcément les plus mal lotis. Mais de là à réduire au silence la moindre de leurs revendications...
Car être prof, quand on est consciencieux, ça n'est pas si simple que ça en a l'air. Les devoirs à corriger après le boulot, passe encore. La responsabilité de l'enseignant en cas de pépin, soit. Mais faire face aux caprices d'enfants rois, ça doit être terrible. Et là, la faute serait plutôt à rejeter sur les parents...

"Comme papa"
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L'enfant roi est né de la consommation, de la publicité. Père indigne, celui qui ne chérit pas son bambin à coups de joujoux vus à la télé. Mère ingrate, celle qui n'achète pas à son marmot la dernière paire de Nike signée Ronaldinho. Pression de la cour de récréation, volonté de faire comme papa et maman, la distance entre les parents et leurs enfants s'est estompée. Le fiston porte les mêmes fringues que son paternel. La gamine veut le même maquillage et les habits moulants de sa mère.

Comment inspirer de l'autorité à celui ou celle qui nous ressemble ? On est passés du papa craint au père copain. Plus de limites pour nos chérubins. Pour qu'il soit heureux, ôtons lui toute contrainte, apportons-lui le confort matériel, étage suprême dans la hiérarchie du bonheur consumériste. "L'enfant qui n'a jamais connu de limites ressent une injustice insupportable dès lors que la moindre des contradictions vient le perturber - quand par exemple, ses parents ne lui achètent pas ce qu'il veut, tout de suite. L'enfant devient le dictateur de la maison, ne sait que fonctionner en mode « caprice » et ne sait pas désirer une chose avant de l'avoir, attendre, être seul et s'amuser seul, gérer le « non » de n'importe quelle autorité", peut-on lire sur 1001nuits.org.

La claque pour les enseignants

L'autorité d'un prof est donc une entrave à la liberté d'agir de l'enfant-roi, qui riposte alors "légitimement" par une insulte. Une conduite très souvent justifiée par les parents en cas de conflit enfant - profs. Des "maîtres" déchus, impuissants, incapables d'imposer leur autorité à ceux qui en ignorent le sens, et qui se laissent parfois aller à la violence. En témoigne la gifle, cette gifle reçue par un élève de 6e d'un collège du Nord lundi et qui, depuis, a fait couler beaucoup d'encre. Le châtiment corporel, objet de tant de polémiques en matière d'éducation (il est interdit par la loi suédoise depuis 1979), n'en finit pas de faire parler de lui. Pourtant, le  problème semble être plus profond, d'ordre familial, sociétal. Et il y a fort à parier que comme souvent, on préfèrera s'attaquer aux méthodes d'enseignement, plus criticables électoralement parlant, qu'à la véritable cause, le défaut d'autorité au sein de la sphère familiale.


J. M.
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par J. M.
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