Jeudi 3 janvier 2008

Poireauter onze heures d'affilée pour rien dans un aéroport belge, ça vous dirait ? Pas top comme idée de vacances... Vous n'en avez pas rêvé ? Ryanair l'a fait ! Explications.


Les compagnies low cost, un truc génial pour les petits budgets. Pensez-donc, le voyage à travers les airs mis à la portée des bourses au ras des paquerettes. Un must. Enfin, presque...

Un récent chômeur, une étudiante : un jeune couple prêt à décoller pour aller passer les fêtes de fin d'année "au pays". Un vol Charleroi - Gérone pour se rendre à Perpignan sans trop de frais. 130 € aller-retour, à deux. Imbattable. 
Avec la voiture, en aditionnant essence et l'autoroute, on en aurait eu pour plus du double : pas question. Et la SNCF qui s'acharne à nous faire préférer... l'avion : depuis le Nord de la France, un aller-retour en train nous serait revenu à... plus de 600 € ! Oui, vous avez bien lu... Une dépense impossible pour qui ne s'augmente pas de 172%... Donc direction le plat pays pour rejoindre l'Espagne, chemin somme toute logique en période de mondialisation.

Jeudi 20 décembre : sur place à midi, pour un départ à 15 h 15, nous avons vu large. Pas moyen de rater l'avion. Dans quelques heures, nous profiterons allègrement du soleil catalan. Oui, mais...

Après un enregistrement sans histoire, les minutes défilent longuement. Dans la salle d'embarquement, Français, Belges et Catalans s'impatientent. C'est que les voyageurs pour Carcassonne, dont le vol ne doit décoller qu'un quart d'heure après le nôtre, commencent à embarquer dans un appareil que nous prenions tous pour celui de Gérone. Pas d'autre charter sur la piste, j'en déduis que nous aurons au moins trente à quarante minutes de retard, le temps de charger les bagages et de faire monter tout le monde.


Le mystère s'épaissit



Le brouillard recouvre bientôt l'aéroport. Toujours pas d'avion. Alors que Carcassonne a décollé et que les passagers pour Faro (vol prévu à 16 h 25) vont être acheminés en car à Liège d'où ils s'envoleront. Soit. Alors que les nuages s'épaississent, on apprend par les haut-parleurs de l'aéroport que tous les avions à l'arrivée vont être détournés de Charleroi. Mais aucune info concernant notre vol.

L'avion de 18 h 20 à destination de Rome est annulé. Celui de 18 h 40 pour Antalya partira de Bruxelles. Les passagers pour Madrid (départ à 19 h 05) prennent bientôt le bus pour Liège. Il est plus de 18 heures, et pas de chemise Ryanair à l'horizon. Aucun responsable présent. Et comme les employés à la sécurité de l'aéroport ne sont au courant de rien, nous patientons calmement en salle d'embarquement. Charleroi-1.JPG

Six heures que nous attendons. La fatigue commence à se faire sentir. Nous lisons. Levant les yeux toutes les trente secondes vers les panneaux d'affichage. Toujours rien. Textos à la famille : "On vous tient au jus". Il est 19 heures passées lorsque le personnel de sécurité vient nous offrir des bons de 5 € par personne pour aller nous restaurer à la cafétéria. Là même où le jambon-beurre coûte 3 € et la moindre boisson 2,50 €. Il va donc falloir débourser encore un peu d'argent si l'on veut avoir de quoi tenir jusqu'au départ. Quand je pense qu'on pourrait être chez ma mère, en train de siroter un bon banyuls...

Bref. "Les passagers à destination de Venise vont être acheminés en car vers l'aéroport de Lille". Ceux pour Dublin rejoindront l'aéroport de Liège. Ceux pour Casablanca (vol prévu à 20 h 20) partent pour Bruxelles. Quant à ceux de 15 h 15 pour Gérone, ils continuent de patienter, le ventre un peu moins vide, le portefeuille un peu plus.


Et si on campait ?


Nous commençons à nous demander si nous partirons vraiment. Je questionne en vain le service de sécurité. On nous fait sortir de la salle d'embarquement. Mauvais présage. Au point info de l'aéroport, on me dit que le vol sera "certainement maintenu", avec un éventuel décollage "à 20 h 38". 
Les voyageurs jonchent le sol. Harassés, ils s'assoient sur leurs sacs, les sièges étant trop peu nombreux pour tout ce monde. On s'appuie contre les murs, les colonnes. On soupire. Les traits sont tirés. Les parents tentent de calmer leurs enfants impatients.

20 h 15 : nous regagnons la salle d'embarquement pleins d'espoir. Toujours personne de chez Ryanair. Et aucun message nous concernant dans les haut-parleurs. Le temps passe. 20 h 35, 20 h 55, 21 h 20. Pas d'avion en vue. Il fait nuit depuis longtemps. 
Une rumeur parcourt la salle. Nous décollerions vers 22 h 45. Colère et soulagement se mêlent. Des Japonais me demandent ce qu'il se passe. Je fais mine de conserver mon calme devant la situation, leur expliquant que les choses qui se déroulent m'échappent autant qu'à eux. Rire jaune. Il est 22 h 30 lorsqu'une employée de la sécurité vient nous dire que nous partirons bientôt "en bus pour Liège" où nous attend notre avion.

Quelques minutes plus tard, les bus arrivent. "Les passagers à destination de Dublin sont priés de se présenter aux portes C et D, afin d'embarquer dans les bus qui les conduiront à Liège." 23 h 15, les bus quittent le tarmac. Les yeux dans le vague, nous voyons arriver deux policiers. Ca sent la fermeture d'aéroport houleuse. Et toujours rien concernant Gérone. Les passagers n'en reviennent pas. Trop fatigués pour être en colère. Trop abasourdis pour croire un instant qu'ils vont devoir quitter l'aéroport sans pour certains savoir ni où dormir ni comment rentrer chez eux.


Tout ça pour ça


Le couperet tombe : "Votre avion est annulé". 23 h 30, direction les guichets pour une réclamation, après avoir récupéré nos bagages. Ereintés, nous faisons la queue comme des dizaines d'autres, alors que ça-et-là, le ton monte. Un place dans l'avion demain ? Pas possible, tout est plein en cette période de fêtes. Les plus optimistes évoquent celui du surlendemain. Deux jours de vacances réduits à néant. 

Une employée de l'aéroport nous distribue des imprimés expliquant que nous pourrons nous faire rembourser nos billets sur le site internet de la compagnie. Fatigués, nous n'insistons pas et prenons la navette qui doit nous ramener au parking. La voiture est couverte de givre. Frigorifiés (il fait - 3° !), nous prenons la route du retour, non sans avoir payé le parking pour rien. undefined

Le chauffage de la voiture peine à se mettre en marche, il fait trop froid dehors. Deux heures d'autoroute dans un brouillard à couper au couteau et nous ne distinguons pas la sortie d'autoroute. Soixante kilomètres de plus pour rien. Et une jauge qui depuis un moment a plongé dans la réserve. Parvenant finalement à la maison à deux heures vingt du matin, nous nous jetons sur l'ordi. Vite, trouver un moyen de partir à Perpignan et de rembourser nos billets. 

Sur la page d'accueil de Ryanair.com, aucun lien concernant notre vol. Aucun onglet "remboursement" ni "annulation". Rien de rien. Pire, dans l'espace concernant notre réservation, il est écrit que notre vol a bel et bien décollé. Les nerfs en pelote, nous décidons d'aller nous coucher, l'esprit trop embrouillé pour organiser quoi que ce soit.


"Merci" Ryanair


Vendredi, 12 h : sitôt levé, sitôt sur l'ordi. Ryanair a tout prévu. Pour toute réclamation, adresser par courrier une demande en anglais à son service consommateur basé à Dublin. Magnifique. Splendide. Le moyen idéal pour décourager les plus remontés. Ulcéré, je cherche le numéro de téléphone du service réservation belge. Problème d'indicatif ? Toujours est-il que je ne parviens à les joindre. La colère l'emporte sur l'abattement : je compose le numéro français. Ils vont avoir de mes nouvelles.

Une jeune femme au fort accent latin me répond. Mauvaise langue, je me dis que je suis encore tombé sur un de ces serveurs délocalisés dans les pays sous-développés. Mais l'opératrice maîtrise parfaitement le français et, me rappelant qu' : "ici, c'est le service réservation et non pas annulation", elle va quand même lancer la procédure de remboursement. "La somme devrait être portée à votre crédit d'ici dix jours" , me précise-t-elle. 

Les fêtes sont passées. Nous nous sommes rendus à Perpignan en voiture, partant dès le vendredi après-midi pour éviter de tout faire en une journée. Avec deux heures de bouchon à Paris (le vendredi des vacances, génial !), une nuit d'hôtel à Bourges, plus l'essence et l'autoroute, le voyage nous est revenu à environ 350 €. 
Sans compter l'aller-retour pour rien à Charleroi (quatre heures de route) et le parking de l'aéroport. 
Soit un total de dépenses supplémentaires de près de 400 €. C'est quand même cher payé pour s'être fait chier onze heures dans un aéroport, sans aucune info de la part de la compagnie. "Merci" Ryanair.

Ah, j'allais oublier. Nous sommes le 3 janvier, il est 19 h 44, et mon compte en banque n'a toujours pas été crédité. 



J. M.

 

par J. M.
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Jeudi 3 janvier 2008

ebay-001.jpgPourquoi un blog ? Un énième blog ? La démarche est forcément égoïste. Nombriliste. Centrer ses articles sur sa personne, quoi de plus vaniteux ? Certes.

Aussi, précisons-le d'emblée, ce blog n'est pas là pour faire plaisir. Ni pour faire mal d'ailleurs. Il doit sa naissance à ma passion pour l'écriture. Exacerbée par cette période que je traverse depuis peu mais que j'espère courte : le chômage. 
Mais aussi par mes passions, mes convictions,  toutes ces petites choses qui me font réagir. Donc ne croyez pas trouver dans cet espace public une salle d'exposition de mes soucis personnels. 

"Carnets de Joutes" se veut avant tout le vecteur de mes émotions. De cette humeur, bonne ou mauvaise selon la saison. Attention, cliché : un espace pour faire partager mes coups de gueule ou de coeur à ceux qui voudront bien parcourir mes lignes. Si jamais quelqu'un trouve le chemin de ces modestes écrits ! 

"Carnets de Joutes" car je vois la vie comme une lutte permanente. Une lutte pour faire respecter ses droits, pour exister face à une société de plus en plus oppressante.
Résister en opposant parole et pensée à l'hyper machine consumériste et administrativiste qui tente de faire de nous de simples numéros écervelés. Bien sûr, 1984 et Le meilleur des mondes ont habité ma table de chevet. Mais qui peut prétendre, aujourd'hui, que leur message n'est pas des plus actuels ?

Pour participer bien humblement à une sorte de prise de conscience nécessaire, je propose ma plume. Cette plume qui m'a permis de gagner ma croûte ces deux dernières années et qui aspire à plus de liberté. J'ai écrit sur les autres, et quelquefois pour les autres. Car c'est aussi ça la presse. On ne tapote pas toujours les mots que l'on veut sur son petit clavier. D'où une raison supplémentaire de créer ce blog. La possibilité d'y exprimer pleinement ma pensée, mes envies, mes idées. Avec comme seuls censeurs ma morale et mon honnêteté.

Et en espérant que tôt ou tard, cette plume nourrira autre chose que mon esprit et mon ego. 

Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à réagir !

Bonne lecture,


J. M.


PS : Vous pourrez également trouver sur ce blog quelques photos prises ça et là, au hasard de mes pérégrinations, ainsi que 3 chroniques mensuelles de disques et trois autres de livres, en haut à gauche de la page d'accueil.

 

par J. M.
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