Mardi 26 février 2008
    Les fortifications historiques de Perpignan ont, dans leur très grande majorité, disparu au début du XXe siècle. La magie du web les a ressucitées.


Perpiavant.jpg    Elle paraissait imprenable. La meilleure place forte d'Europe, avait-on coutume de dire avant 1689.  Résistance éternelle ? Le temps a pourtant eu raison des défenses de la "Fidelissima vila". Perpignan a perdu ses murailles, et à coup sûr, une partie de son charme au début du siècle dernier.    
    Jadis considérée comme la "clé et porte de l'Espagne", à laquelle Charles Quint tenait autant qu'à la prunelle de ses yeux, la capitale du Roussillon s'est alors développée sur les ruines encore fumantes des remparts de Vauban. Les dirigeants municipaux de l'époque n'épargnèrent que la citadelle, sans doute sauvée du désastre grâce à l'immuable présence militaire au sein des casernes jouxtant l'ancienne demeure des Rois de Majorque.

Au pied des cayrous
   
Enfant, j'ai toujours été fasciné par ce palais. Ma grand-mère habitant à deux pas, il n'était pas rare que nous partions nous amuser à l'ombre des solides remparts de briques rouges. J'imaginais alors des chevaliers s'empressant dans la poussière, jetant férocement leurs grapins au sommet des murs pour tenter d'envahir le palais. C'était peine perdue. Les barbelés les auraient arrêtés.
   
undefinedPlus tard, j'ai compris mon anachronisme. Les militaires de la DGSE, nouveaux maîtres de la citadelle, empêchent toujours les visites sur les bastions et courtines successivement aménagés et renforcés par Charles Quint, Phillipe II d'Espagne et Sébastien Vauban. Aucun visiteur civil n'y a posé les pieds depuis des dizaines, des centaines d'années. Privés de citadelle, confinés au seul palais des Rois de Majorque, les Perpignanais n'ont plus que leur tête, leur coeur pour imaginer faire un jour le tour complet de l'ouvrage.
Imaginer comment, du haut de la citadelle ou des remparts de la ville disparus, leurs ancêtres luttèrent, défiant les troupes de Louis XI pour demeurer Catalans. Bravant la faim et la mort par loyauté envers "leur" patrie, jusqu'à se faire attribuer le peu gratifiant surnom de menjarates (mangeurs de rats) par l'occupant...

Imaginer et c'est tout  

    Je n'ai jamais suivi les préceptes d'un catalanisme passéïste. A l'heure de l'Europe, la démarche indépendantiste me semble une aberration. La sauvergarde de la culture, une nécessité. Voilà pourquoi j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à me pencher sur l'histoire de ma ville d'origine. Voilà pourquoi j'ai souvent tenté d'imaginer ce que pouvaient ressentir mes ancêtres (si tant est qu'ils fussent Perpignanais !) lorsqu'ils se promenaient sur les remparts, scrutant la campagne environnante ou admirant encore et toujours ce vieux Canigou. Adolescent, je me suis pris de passion pour le récit des vieilles enceintes de la cité. Sillonant le centre-ville à la recherche de la moindre trace, du moindre indice permettant d'en raviver le souvenir, j'avais l'impression de parcourir les méandres du temps. L'ouvrage d'Antoine de Roux sur le sujet (1), bien que très explicite, avec ses vues du plan en relief de 1686 commandé par Louis XIV, ne parvenait pourtant pas à rassasier mon esprit fécond. Alors, l'imagination trouvant ses limites dans la vérité historique, une sorte de nostalgie de ce glorieux passé architectural poignait en moi...

Les murailles relevées  

    Jusqu'à ce que mes recherches internet me poussent par hasard vers un site formidable : kikiarg.neuf.fr/index.html. Un (ou des ?) passionné(s), a rassemblé une foule de photos, gravures et cartes postales du début du siècle montrant les fortifications avant leur destruction, avec tous les bastions, portes et ouvrages avancés qui formaient alors la défense de la ville. Très ludique, le site établit des parallèles entre les vues proposées, le plan en relief de Vauban et des photographies actuelles prises exactement au même endroit. Avec une navigation fléchée, permettant, au fil des illustrations, de s'offrir l'illusion d'une balade au milieu des fortifications.
    Le contraste avec la ville actuelle apparaît d'autant plus frappant. Perpignan n'a plus rien à voir avec cette cité encore médiévale, enchâssée dans ses imposants remparts. Les immeubles ont depuis grignoté, dévoré la campagne qui l'environnait. Le ramdam des boulevards a remplacé la quiétude des demi-lunes. Et au vu de cette balade didactique, on ne peut que regretter que les édiles de la Belle Epoque aient conservé seulement un dixième de ces chefs-d'oeuvre de l'art militaire, de cette mémoire du Perpignan historique.



J. M.



(1)  Antoine de Roux, Perpignan à la fin du XVIIe siècle, le plan en relief de 1686, Caisse nationale des Monuments Historiques et des Sites, Mission d'Aménagement du Musée des Plans-Reliefs.


Photos tirées du site kikiarg.neuf.fr/index.html
par J. M.
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Mercredi 20 février 2008

Sur le terrain de la vidéo haute définition, les choses sont désormais claires. Sony et son Blu-Ray occuperont le marché ces prochaines années. Côté audio par contre, le leadership reste à définir. 

Le HD-DVD est mort, vive le Blu-Ray. Pour beaucoup de néophytes, l'info a dû paraître bien abstraite. En clair, l’un des deux formats en passe de remplacer le DVD vient d’être retiré du marché par son fabricant, faute de débouchés. 

Impossible en effet pour Toshiba, maison-mère du HD-DVD, de continuer à commercialiser son produit face à Sony et ses 70 % de parts de marché dans les films américains (le Blu-Ray a déjà été choisi par la 20th Century Fox, Metro-Goldwyn-Mayer et Disney). Ceux qui doivent faire la gueule, ce sont tous les cinéphiles qui, ces derniers mois et notamment durant les fêtes, avaient pu s'offrir à moindre coût un ensemble home-cinema uniquement compatible HD-DVD. Un mois et demi plus tard, leur matériel réputé "révolutionnaire", "d'avant-garde", "dernier-cri", est déjà obsolète.   

Un peu comme ces ordinateurs trop puissants : sitôt achetés, déjà dépassés. Le progrès technique dans sa définition donnée par Joseph Schumpeter (1883 – 1950) – « une destruction créatrice » -  n’a jamais été si actuel. L’économiste autrichien voyait la crise comme un terrain favorable à l’exploration d’idées nouvelles, favorisant les innovations et entraînant irrémédiablement la destruction des anciennes innovations. 

 
Une drôle de crise

 

66356-sony-blu-ray-1.jpgAujourd’hui, personne ne saurait nier que les industries du cinéma et de la musique sont frappées par une telle crise. Le téléchargement sauvage a eu raison de toutes les protections et pour les nouvelles générations, le support disque semble dépassé. Les nouveaux formats multimédia (le MP3, le DivX) ont permis de dématérialiser albums et films. Les majors du disque et les piliers de la production cinématographique ne cessent de déplorer leurs pertes, malgré l’attachement d’une poignée de collectionneurs à l’objet CD ou aux coffrets DVD bourrés de bonus. 

Dès lors, l’innovation devient nécessaire à la poursuite de la croissance économique. Quitte même, à vendre aux consommateurs des moyens techniques aggravant la crise. Ce sont en effet les mêmes firmes qui fournissent des graveurs, des disques et DVD vierges, voire le haut-débit nécessaire au téléchargement de masse (le géant AOL – Time Warner par exemple). Alors quand des mesures drastiques sont prises à l’encontre des « pirates », on ne peut s’empêcher d’avoir le mot « hypocrisie » à l’esprit… 

Quoi qu’il en soit, les supports dont on prédisait la mort prochaine, ne cessent de se réinventer. Prenant de court (pour un temps), la voracité des internautes, Toshiba et Sony ont opté pour la haute définition. « Une qualité d’image sans équivalent », nous expliquaient-ils. Le même discours qui prévalait lorsque le DVD avait jeté la VHS aux oubliettes de l’histoire. Grâce au numérique, la qualité semble pouvoir s’améliorer à l’infini. Sur des écrans toujours plus grands. Et on en viendrait presque à se demander comment avant, on pouvait vivre sans.

 
Personnellement, je n’attache pas une très grande importance à la qualité d’image. Au risque de passer pour archaïque, j’avoue que la qualité d’un DVD me paraît déjà plus qu’honnête. Et comme je ne compte pas investir dans un téléviseur défigurant mon salon, la haute définition ne m’intéresse pas vraiment. Si j’ai envie de grands espaces, de couleurs somptueuses, de lumière éclatante, je préfère arpenter mes chères Pyrénées et prendre un bon bol d’air plutôt que de rester enfermé chez moi.

 

Une nouvelle façon d'écouter la musique

Par contre, et ce sera le premier coup de cœur de ce blog (au bout de dix articles, il était temps !!!), mon précédent raisonnement s’écroule lorsqu’on touche au son. J’ai complètement repensé ma façon d’écouter de la musique lorsque j’ai fait l’acquisition d’un système home cinéma, doté de cinq enceintes et d’un caisson de basses. Ainsi spatialisé, le son prend une toute autre dimension.
Ecouter ses CD sur cinq enceintes, c’est déjà un progrès. Mais glisser un DVD-Audio ou un SACD (1) dans son lecteur, c’est laisser le divin jaillir des haut-parleurs. Ces formats relativement récents (moins de dix ans), encore assez peu développés, apportent une qualité d’écoute sans commune mesure avec un CD ordinaire.

 
Enregistrés sur cinq canaux (contre deux pour un CD stéréo), ces disques novateurs permettent, par leur capacité importante (4,5 Go pour un DVD contre 700 Mo pour un CD), d'offrir plus de débit sonore, donc plus de qualité. Et l'auditeur de distinguer chaque nuance, de détacher chaque note, de percevoir le moindre petit coup de médiator, le plus discret tintillement d'une cymbale. Placé au milieu des cinq enceintes, il ne faut pas longtemps pour que la magie opère. On est presque instantanément propulsé au milieu des musiciens, coincé entre le guitariste et le claviériste, face au chanteur et au bassiste, assez loin du batteur pour apprécier l’ensemble.

 
A me lire, certains se diront : « Bah, encore un truc de musiciens, moi le son d’un CD me convient très bien ». C’est possible. Tant qu’on n’a pas goûté à un bon DVD-Audio (ou un SACD). Car à la différence des nouveaux formats vidéo, il semblerait qu’on ait, en matière de son, quasiment atteint les limites de la perfection. Un nouveau format « sans pertes », le MLP lossless, offre désormais à l’auditeur l’ensemble d’une œuvre telle qu’elle a été enregistrée, au bit près. Si on dispose d’une installation de qualité, on aura exactement le même son que celui réglé et programmé en studio par les musiciens, à la différence d’un CD audio ou même d’un DVD vidéo (DTS ou Dolby Digital) qui ne délivrent qu’un son compressé, c'est-à-dire auquel on a enlevé certaines informations numériques (pour des questions d’espace).

 
Il va falloir trancherSACD.JPG

En matière de son, le support ultime existerait donc déjà. Les innovations à venir devraient simplement permettre de délivrer le son des DVD-Audio et SACD sur toujours plus d’enceintes. Les chercheurs en seraient déjà au 13.1. Et demain, une sphère d’amplis dans laquelle l’auditeur prendrait place ? La technique peut nourrir les rêves les plus farfelus. Du côté de la vidéo, les supports Blu-Ray semblent eux aussi toucher à la perfection. Les prochains défis seront sûrement liés à la taille des écrans, toujours plus grands. L’homme du futur devra sûrement  pousser les murs…

 
Mais, ceux qui ont continué la lecture jusqu’ici se seront peut-être demandés pourquoi, en matière de disques audio multicanaux, continuent de cohabiter deux entités souvent opposées (le SACD et le DVD-Audio), alors que du côté de la vidéo, la sélection naturelle vient de s’opérer au profit du Blu-Ray de Sony. Inévitablement, pour éviter la redondance de supports ayant peu ou prou les mêmes fonctions, il va falloir que l'industrie du disque penche pour l'un ou l'autre format.

A en lire certains sites internet, le SACD serait moribond, à cause de son format si différent des DVD. D’autres annoncent la mort du DVD-Audio, illisible sur les platines classiques, contrairement aux SACD, pourvus d’une piste stéréo haute-définition. Du coup, si la bataille venait à s’accentuer entre ces deux formats, avec en ligne de mire la disparition du CD dans quelques années, on retrouverait sur le ring les mêmes combattants que ceux qui viennent de s’affronter sur le terrain de la vidéo : d’un côté Sony et Philips, co-inventeurs du SACD, et de l’autre Toshiba et Pioneer, à l’origine du DVD-Audio.

 

Si Sony parvenait à mettre hors-course le DVD-Audio, elle maîtriserait tous les supports audio et vidéo d’avenir. Par contre, si le SACD venait à disparaître, les observateurs ne manqueraient pas de faire remarquer que Toshiba a peut-être accepté de « sacrifier » son HD-DVD en échange de garanties quant à la survie du DVD-Audio… Affaire à suivre, donc…

 

 


J. M.



(1) Pour en savoir plus sur les deux formats, lire ici : http://www.zdnet.fr/produits/materiels/cartes_son/0,39049678,1002706,00.htm
par J. M.
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Mardi 12 février 2008
Sarkozy encore et toujours. Comme si presse et médias n'étaient pas déjà saturés de la présence envahissante du père, voilà qu'on doit  désormais se farcir le fils...


De Jean Sarkozy, on ne sait finalement pas grand-chose.  La presse et le web nous apportent quelques éléments de réponse :  fils de son père, donc, né en 1987, il multiplie casquettes et boulettes. On ne lui en voudra pas, c'est de famille.
Rappelez-vous Pierre, son grand frère. En janvier 2007, la police nationale remuait ciel et terre pour retrouver son scooter, subtilisé quelques jours plus tôt en plein Neuilly. Après quelques tests ADN habituellement réservés aux affaires criminelles, le fils du ministre de l'Intérieur de l'époque récupérait son deux-roues, entrant ainsi dans la caste privilégiée des 8 % de Français dont le vol de pétrolette est élucidé (
1).

photo_1202664288926-6-original.jpgSous le casque, des cheveux

Le scooter, chez les Sarkozy, ça fait tâche d'huile. En décembre dernier, Jean, le cadet, était convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris pour une affaire de délit de fuite. Après avoir percuté le véhicule de M'Hamed Bellouti, en octobre 2005 à Paris, le fils du patron de l'UMP se serait enfui, gratifiant au passage la victime d'un geste obscène. Ici, pas besoin d'ADN, la plaque d'immatriculation du scooter aura suffit à identifier le délinquant présumé et ce, magré que la plainte se soit "égarée" quelques temps...

Mais Jean, c'est aussi beaucoup de respect pour son père. Comme papa, il a entrepris des études de droit. Comme papa, on le décrit comme un bon comédien. Et si le jeune homme n'avait pas fait primer les bancs de la fac sur les planches du théâtre, il partagerait en ce moment-même l'affiche d'"Oscar" avec Sophie Tapie, la fille d'un autre grand acteur.
Un des rares trucs que Jean ne partage pas avec son père, c'est la longueur des cheveux. Blond platine, raie sur le côté rejoignant les épaules, allure décontract', le bellâtre (?) joue les Brice de Neuilly. "Cheveux longs, idées courtes" ? C'est pourtant le genre de slogans que braillait papa lorsqu'il manifestait contre les héritiers de 68, du temps de sa jeunesse politique. Etonnant comme la droite la plus réac' a pu, les années passant, s'enticher des attributs de la virilité révolutionnaire...

La discrétion des élus

A l'en croire, et malgré tout le buzz autour de la famille présidentielle (Cécilia, Carla, etc.), Jean voulait rester en retrait. Aux caméras de France 2, le soir de l'élection présidentielle, il déclarait : "Je veux pas me mettre en avant, je veux rester discret [...]. Vous le saurez pour les cinq ans à venir, aucune interview, rien du tout, j'espère que vous le comprendrez " (
2). 
Huit mois plus tard, le fils du président crée la polémique en se désolidarisant de la liste Martinon en vue des municipales de Neuilly. On parle de "désaccords profonds", mais le chef de l'Elysée ne s'y serait pas pris autrement s'il avait voulu mettre définitivement hors-jeu son porte-parole, rappelons-le protégé de Cécilia ex-Sarkozy.

Alors Jean, politicien né ou homme de main de papa ? A vingt et un ans, France-Info (
3) veut bien lui prêter un "talent électoral". Or, jusqu'à maintenant, on ne lui connaît aucun mandat. A moins qu'être délégué de classe ou président de l'Amicale des étudiants de la fac de droit - en supposant qu'il l'aît été un jour ! -, n'ouvre droit à tous les louanges attribués par les médias aux tribuns les plus brillants. Du côté de l'UMP, on le verrait même maire (4) ! Né en 1987, il aura cette année l'âge requis pour briguer un mandat municipal. Mais de là à duper tout l'électorat fortuné de Neuilly...

Finalement, on en revient à l'ADN. Comme pour la délinquance (c'est ce que déclarait le candidat Sarkozy), il semblerait qu'il existe un gène politique, décelable dès l'enfance. Et qui, comme dans de nombreuses familles (les Debré, Delors-Aubry, Le Pen... ), se transmet au fil des générations. Entre népotisme et méritocratie, la France et ses élites poursuivent bon gré mal gré leur chemin. Vers la démocratie ?


J. M.


(1)    http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_la_une/toute_l_actualite/voeux-presse-2008/downloadFile/attachedFile_1/Index_107_-_Decembre_2007_et_annee_2007.pdf?nocache=1200499676.13

(2)
http://www.dailymotion.com/video/x1x7gz_jean-sarkozy-alias-tete-a-claques

(3)
France-Info, journal de 9 h, mardi 12 février 2008.

(4)
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/municipales_2008/20080211.OBS9873/jean_sarkozy_maire_de_neuilly_.html



Photo François Guillot (AFP).

par J. M.
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Vendredi 1 février 2008
L'enfant roi ne supporte aucune brimade. Quand une gifle part, c'est l'éducation nationale qui est pointée du doigt. Et si on reparlait d'autorité parentale ?

Quand un élève reçoit une claque, il est de bon ton de taper sur les profs.  Mais pourquoi donc ?

1 - Parce que ce sont des fonctionnaires (si ça c'est pas une tare, hein ?)
2 - Parce qu'ils ont plus de vacances que nous.
3 - Parce qu'ils ont la sécurité de l'emploi (ce qui revient au premier point, je vous l'accorde).

Pour toutes ces raisons, les profs - ces fainéants toujours en grève - n'auraient qu'un seul droit, celui de la fermer, même face aux insultes.

Débutant à 1500 €, atteignant au grand maximum 2921 € après 30 ans de carrière (pour un professeur des écoles non agrégé), les profs ne sont pas forcément les plus mal lotis. Mais de là à réduire au silence la moindre de leurs revendications...
Car être prof, quand on est consciencieux, ça n'est pas si simple que ça en a l'air. Les devoirs à corriger après le boulot, passe encore. La responsabilité de l'enseignant en cas de pépin, soit. Mais faire face aux caprices d'enfants rois, ça doit être terrible. Et là, la faute serait plutôt à rejeter sur les parents...

"Comme papa"
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L'enfant roi est né de la consommation, de la publicité. Père indigne, celui qui ne chérit pas son bambin à coups de joujoux vus à la télé. Mère ingrate, celle qui n'achète pas à son marmot la dernière paire de Nike signée Ronaldinho. Pression de la cour de récréation, volonté de faire comme papa et maman, la distance entre les parents et leurs enfants s'est estompée. Le fiston porte les mêmes fringues que son paternel. La gamine veut le même maquillage et les habits moulants de sa mère.

Comment inspirer de l'autorité à celui ou celle qui nous ressemble ? On est passés du papa craint au père copain. Plus de limites pour nos chérubins. Pour qu'il soit heureux, ôtons lui toute contrainte, apportons-lui le confort matériel, étage suprême dans la hiérarchie du bonheur consumériste. "L'enfant qui n'a jamais connu de limites ressent une injustice insupportable dès lors que la moindre des contradictions vient le perturber - quand par exemple, ses parents ne lui achètent pas ce qu'il veut, tout de suite. L'enfant devient le dictateur de la maison, ne sait que fonctionner en mode « caprice » et ne sait pas désirer une chose avant de l'avoir, attendre, être seul et s'amuser seul, gérer le « non » de n'importe quelle autorité", peut-on lire sur 1001nuits.org.

La claque pour les enseignants

L'autorité d'un prof est donc une entrave à la liberté d'agir de l'enfant-roi, qui riposte alors "légitimement" par une insulte. Une conduite très souvent justifiée par les parents en cas de conflit enfant - profs. Des "maîtres" déchus, impuissants, incapables d'imposer leur autorité à ceux qui en ignorent le sens, et qui se laissent parfois aller à la violence. En témoigne la gifle, cette gifle reçue par un élève de 6e d'un collège du Nord lundi et qui, depuis, a fait couler beaucoup d'encre. Le châtiment corporel, objet de tant de polémiques en matière d'éducation (il est interdit par la loi suédoise depuis 1979), n'en finit pas de faire parler de lui. Pourtant, le  problème semble être plus profond, d'ordre familial, sociétal. Et il y a fort à parier que comme souvent, on préfèrera s'attaquer aux méthodes d'enseignement, plus criticables électoralement parlant, qu'à la véritable cause, le défaut d'autorité au sein de la sphère familiale.


J. M.
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par J. M.
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