Mardi 12 février 2008
Sarkozy encore et toujours. Comme si presse et médias n'étaient pas déjà saturés de la présence envahissante du père, voilà qu'on doit désormais se
farcir le fils...
De Jean Sarkozy, on ne sait finalement pas grand-chose. La presse et le web nous apportent quelques éléments de réponse : fils de son père, donc, né en 1987, il multiplie casquettes et boulettes. On ne lui en voudra pas, c'est de famille.
Rappelez-vous Pierre, son grand frère. En janvier 2007, la police nationale remuait ciel et terre pour retrouver son scooter, subtilisé quelques jours plus tôt en plein Neuilly. Après quelques tests ADN habituellement réservés aux affaires criminelles, le fils du ministre de l'Intérieur de l'époque récupérait son deux-roues, entrant ainsi dans la caste privilégiée des 8 % de Français dont le vol de pétrolette est élucidé ( 1).
Sous le casque,
des cheveux
Le scooter, chez les Sarkozy, ça fait tâche d'huile. En décembre dernier, Jean, le cadet, était convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris pour une affaire de délit de fuite. Après avoir percuté le véhicule de M'Hamed Bellouti, en octobre 2005 à Paris, le fils du patron de l'UMP se serait enfui, gratifiant au passage la victime d'un geste obscène. Ici, pas besoin d'ADN, la plaque d'immatriculation du scooter aura suffit à identifier le délinquant présumé et ce, magré que la plainte se soit "égarée" quelques temps...
Mais Jean, c'est aussi beaucoup de respect pour son père. Comme papa, il a entrepris des études de droit. Comme papa, on le décrit comme un bon comédien. Et si le jeune homme n'avait pas fait primer les bancs de la fac sur les planches du théâtre, il partagerait en ce moment-même l'affiche d'"Oscar" avec Sophie Tapie, la fille d'un autre grand acteur.
Un des rares trucs que Jean ne partage pas avec son père, c'est la longueur des cheveux. Blond platine, raie sur le côté rejoignant les épaules, allure décontract', le bellâtre (?) joue les Brice de Neuilly. "Cheveux longs, idées courtes" ? C'est pourtant le genre de slogans que braillait papa lorsqu'il manifestait contre les héritiers de 68, du temps de sa jeunesse politique. Etonnant comme la droite la plus réac' a pu, les années passant, s'enticher des attributs de la virilité révolutionnaire...
La discrétion des élus
A l'en croire, et malgré tout le buzz autour de la famille présidentielle (Cécilia, Carla, etc.), Jean voulait rester en retrait. Aux caméras de France 2, le soir de l'élection présidentielle, il déclarait : "Je veux pas me mettre en avant, je veux rester discret [...]. Vous le saurez pour les cinq ans à venir, aucune interview, rien du tout, j'espère que vous le comprendrez " ( 2).
Huit mois plus tard, le fils du président crée la polémique en se désolidarisant de la liste Martinon en vue des municipales de Neuilly. On parle de "désaccords profonds", mais le chef de l'Elysée ne s'y serait pas pris autrement s'il avait voulu mettre définitivement hors-jeu son porte-parole, rappelons-le protégé de Cécilia ex-Sarkozy.
Alors Jean, politicien né ou homme de main de papa ? A vingt et un ans, France-Info ( 3) veut bien lui prêter un "talent électoral". Or, jusqu'à maintenant, on ne lui connaît aucun mandat. A moins qu'être délégué de classe ou président de l'Amicale des étudiants de la fac de droit - en supposant qu'il l'aît été un jour ! -, n'ouvre droit à tous les louanges attribués par les médias aux tribuns les plus brillants. Du côté de l'UMP, on le verrait même maire (4) ! Né en 1987, il aura cette année l'âge requis pour briguer un mandat municipal. Mais de là à duper tout l'électorat fortuné de Neuilly...
Finalement, on en revient à l'ADN. Comme pour la délinquance (c'est ce que déclarait le candidat Sarkozy), il semblerait qu'il existe un gène politique, décelable dès l'enfance. Et qui, comme dans de nombreuses familles (les Debré, Delors-Aubry, Le Pen... ), se transmet au fil des générations. Entre népotisme et méritocratie, la France et ses élites poursuivent bon gré mal gré leur chemin. Vers la démocratie ?
J. M.
De Jean Sarkozy, on ne sait finalement pas grand-chose. La presse et le web nous apportent quelques éléments de réponse : fils de son père, donc, né en 1987, il multiplie casquettes et boulettes. On ne lui en voudra pas, c'est de famille.
Rappelez-vous Pierre, son grand frère. En janvier 2007, la police nationale remuait ciel et terre pour retrouver son scooter, subtilisé quelques jours plus tôt en plein Neuilly. Après quelques tests ADN habituellement réservés aux affaires criminelles, le fils du ministre de l'Intérieur de l'époque récupérait son deux-roues, entrant ainsi dans la caste privilégiée des 8 % de Français dont le vol de pétrolette est élucidé ( 1).
Sous le casque,
des cheveuxLe scooter, chez les Sarkozy, ça fait tâche d'huile. En décembre dernier, Jean, le cadet, était convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris pour une affaire de délit de fuite. Après avoir percuté le véhicule de M'Hamed Bellouti, en octobre 2005 à Paris, le fils du patron de l'UMP se serait enfui, gratifiant au passage la victime d'un geste obscène. Ici, pas besoin d'ADN, la plaque d'immatriculation du scooter aura suffit à identifier le délinquant présumé et ce, magré que la plainte se soit "égarée" quelques temps...
Mais Jean, c'est aussi beaucoup de respect pour son père. Comme papa, il a entrepris des études de droit. Comme papa, on le décrit comme un bon comédien. Et si le jeune homme n'avait pas fait primer les bancs de la fac sur les planches du théâtre, il partagerait en ce moment-même l'affiche d'"Oscar" avec Sophie Tapie, la fille d'un autre grand acteur.
Un des rares trucs que Jean ne partage pas avec son père, c'est la longueur des cheveux. Blond platine, raie sur le côté rejoignant les épaules, allure décontract', le bellâtre (?) joue les Brice de Neuilly. "Cheveux longs, idées courtes" ? C'est pourtant le genre de slogans que braillait papa lorsqu'il manifestait contre les héritiers de 68, du temps de sa jeunesse politique. Etonnant comme la droite la plus réac' a pu, les années passant, s'enticher des attributs de la virilité révolutionnaire...
La discrétion des élus
A l'en croire, et malgré tout le buzz autour de la famille présidentielle (Cécilia, Carla, etc.), Jean voulait rester en retrait. Aux caméras de France 2, le soir de l'élection présidentielle, il déclarait : "Je veux pas me mettre en avant, je veux rester discret [...]. Vous le saurez pour les cinq ans à venir, aucune interview, rien du tout, j'espère que vous le comprendrez " ( 2).
Huit mois plus tard, le fils du président crée la polémique en se désolidarisant de la liste Martinon en vue des municipales de Neuilly. On parle de "désaccords profonds", mais le chef de l'Elysée ne s'y serait pas pris autrement s'il avait voulu mettre définitivement hors-jeu son porte-parole, rappelons-le protégé de Cécilia ex-Sarkozy.
Alors Jean, politicien né ou homme de main de papa ? A vingt et un ans, France-Info ( 3) veut bien lui prêter un "talent électoral". Or, jusqu'à maintenant, on ne lui connaît aucun mandat. A moins qu'être délégué de classe ou président de l'Amicale des étudiants de la fac de droit - en supposant qu'il l'aît été un jour ! -, n'ouvre droit à tous les louanges attribués par les médias aux tribuns les plus brillants. Du côté de l'UMP, on le verrait même maire (4) ! Né en 1987, il aura cette année l'âge requis pour briguer un mandat municipal. Mais de là à duper tout l'électorat fortuné de Neuilly...
Finalement, on en revient à l'ADN. Comme pour la délinquance (c'est ce que déclarait le candidat Sarkozy), il semblerait qu'il existe un gène politique, décelable dès l'enfance. Et qui, comme dans de nombreuses familles (les Debré, Delors-Aubry, Le Pen... ), se transmet au fil des générations. Entre népotisme et méritocratie, la France et ses élites poursuivent bon gré mal gré leur chemin. Vers la démocratie ?
J. M.
(1) http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_la_une/toute_l_actualite/voeux-presse-2008/downloadFile/attachedFile_1/Index_107_-_Decembre_2007_et_annee_2007.pdf?nocache=1200499676.13
(2)
http://www.dailymotion.com/video/x1x7gz_jean-sarkozy-alias-tete-a-claques
(3)
France-Info, journal de 9 h, mardi 12 février 2008.
(4)
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/municipales_2008/20080211.OBS9873/jean_sarkozy_maire_de_neuilly_.html
Photo François Guillot (AFP).