Mercredi 16 avril 2008
Bon. Après deux offres refusées (oui, je sais, c'est un luxe), je viens de signer chez un grand quotidien de PQR, dans le sud-est. En Rhône-Alpes, plus exactement. Les plus perspicaces auront deviné de qui il s'agit.

Un mois reconductible, avec de sérieuses perspesctives d'embauche à la clé. Ca me changera.

Ben oui, comme quoi, tout est possible dans l'univers impitoyable de la presse.

Là, je suis crevé, je viens de me taper 1500 km en train dans la journée, alors je développerai plus demain.

D'ici là, bonjour chez vous,

J. M.
par J. M.
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Lundi 7 avril 2008
La vie est mal faite. Vous galérez pendant des mois pour retrouver un boulot, vous restez sans réponse pendant de longues semaines, et tout d'un coup, tout se débloque. Deux offres en l'espace de trois jours. De quoi y perdre la boule, surtout quand le poste proposé est à pourvoir sous sept jours, à plusieurs centaines de kilomètres.

D'où de grosses interrogations au moment où j'écris ces lignes, renforcées par l'organisation d'un déménagement quasi-immédiat et donc, d'un changement de vie imminent. Prendre une décision aussi lourde de conséquences en aussi peu de temps, ça n'est pas la chose la plus facile que j'ai eue à faire de toute ma vie. Pourtant, demain, au plus tard, j'aurai opté pour un changement radical, signant dans le même temps pour une semaine de stress incroyable, une course contre la montre pour réussir un départ et une installation presque simultanés.

Dur dur. Je vous tiens au jus.


J. M.
par J. M.
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Mercredi 2 avril 2008
Vous cherchez à vous faire avoir ? Comment ça, non ? Bon, alors lisez-moi et ne faites pas la même chose. Parce qu'aujourd'hui, j'ai fait coup double.

    14h, à la gare. Je m'apprête à réserver mon billet de train aller-retour pour Tours (waaah l'effet vocal !). Muni de mon bon de réservation ANPE, j'explique au guichetier à quelle heure j'aimerais prendre le train pour être à l'heure à mon entretien d'embauche. Grimace du guichetier : "Attention, me prévient-il, les places réservées ANPE sont limitées." 55 € l'aller-retour, c'était trop beau pour être vrai. "Vous pouvez partir à 11 h 06, mais il n'y a pas de train disponible pour vous l'après-midi". Comprendre : "Je vais devoir débourser encore pour une nuit d'hôtel". Un train le lendemain matin ? Même pas. Le premier "pour moi" est à 18 h. Sympa. Moisir à Tours une journée, non pas que cette ville me débecte paticulièrement (je n'y ai jamais mis les pieds), mais ça me fait quand même râler. Mon bon ANPE, il servira toujours de marque-page...

    Du coup, j'ose un : "Et en tarif normal pour un aller-retour dans la journée, c'est combien ?" Au moins cher, 101 €. Super, c'est vrai que les Assedics me permettent allégrement ce genre de largesses. Tenez mon brave, veuillez débiter ma carte de crédit. "La SNCF, à nous de vous faire préférer le train".

    Vingt minutes d'attente et un portefeuille plus léger plus tard, me voilà rentré. Tiens, jetons un oeil à la boîte aux lettres. Une journée où je reçois un CD de Joe Satriani ne saurait être totalement mauvaise. Tu parles, Charles. Un pli de la Poste. Je ne vous ai pas encore parlé de cette histoire. Un home-cinema vendu sur ebay ("on observe chez les chomeurs une tendance étrange qui consiste pour eux à se séparer de biens matériels pour accroître leur pouvoir d'achat") et arrivé en mauvais état à son destinataire, malgré le colis ultra-résistant que j'avais confectionné, assuré à hauteur de 450 € auprès de La Poste. L'acheteur m'ayant réclamé le remboursement de la somme versée, je m'étais retourné contre les services postaux, responsables (qui d'autre ?) de la détérioration de la marchandise, en espérant faire marcher l'assurance en question.

    Mais à La Poste, on est aussi fort qu'à l'ANPE. Au lieu d'inventer des fausses places de train pour les chômeurs, La Poste fait mieux : elle a mis en place une assurance sur les colis qui ne marche que... si elle reconnaît sa faute lors de l'acheminement. Les facteurs juges et parties, vous saisissez ? Donc, rien à attendre de ce côté là, c'est ce que m'a signifié la direction du "groupe", puisque le colis est arrivé "sans signe extérieur de spoliation ou de détérioration". En effet, malgré que toute la marchandise soit toute cabossée pour ne pas dire enfoncée à l'intérieur, le carton ultra-résistant se portait bien, merci. Donc, à moins que paypal (l'organisme qui gère les transactions sur ebay) ne me donne raison dans le litige qui m'oppose à l'acheteur, j'y serai de 180 € de ma poche, après avoir payé pour une assurance fantôme.

    101 € pour passer un entretien, 180 € pour réparer les erreurs de La Poste, ça fait - comme on le dit vulgairement - mal au cul. Quand on est assis sur un joli pécule, la douleur à l'arrière-train doit être plus supportable que lorsque qu'on tient debout grâce aux Assedic. Mais pour tous, la règle est la même : se faire entuber (je me maîtrise, je reste poli) de toutes parts.

    Comme le disait un collègue de travail, "courage et bonne humeur".


J. M.




Légende Photo : SNCF, ANPE, La Poste : le trio magique qui vous entube à petit prix.
par J. M.
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Mardi 1 avril 2008
Bonjour à mes lecteurs (si si, les statistiques du blog prouvent que vous existez !);

Vous aurez constaté que je n'ai pas été très prolifique durant le mois écoulé. C'est que j'étais occupé à chercher du boulot. J'ai intensifié mes démarches, et me voilà sur le chemin de Paris et Tours pour deux entretiens. Du coup, j'ai moins de temps à consacrer à ce blog. Je ne l'abandonne pas pour autant. Disons qu'il s'agit d'une mise au ralenti, le temps de voir ce que l'avenir me réserve. Mais je promets de publier un article d'ici à ce week-end, et de vous tenir informés de l'évolution de ma recherche d'emploi.

D'ici là, bon courage à vous.

J. M.
par J. M.
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Mardi 11 mars 2008
Derrière ce titre polémique, j'espère apporter un point de vue décalé et volontairement subversif sur cette nouvelle Mecque des relations virtuelles : Copains d'Avant. Pour qu'un soupçon de lucidité vienne contrebalancer une bonhommie parfois trop naïve.

   
    Je me suis inscrit sur Copains d'Avant. Mais oui, ce site qui vous propose de "retrouver vos amis". Déjà, il convient de rectifier : des amis, ça ne se perd pas. Des copains, des potes, des connaissances, oui. Mais de vrais amis, non. Ceux qui tiennent à vous et auxquels vous tenez sont aussi ceux qui donnent et à qui vous donnez régulièrement des nouvelles. Surtout depuis qu'on a basculé dans l'ère du téléphone portable et de l'email. Pas d'excuse donc : s'ils vous ont laissé tomber du jour au lendemain, c'est qu'à coup sûr, ils n'étaient pas de vrais bons amis. Ou qu'une brouille est venue entâcher ce qui autrefois, pouvait être une belle amitié.

    Quoi qu'il en soit, on serait tenté d'utiliser ce site pour recoller les morceaux. L'heure du pardon généralisé aurait-elle sonné ? Encore faudrait-il en avoir envie. Même inscrit sur ce site, je sais pertinemment que je n'irai pas y rechercher certaines personnes, si bonnes qu'aient pu être nos relations. Il y a des mésententes qu'on n'efface pas d'un click de souris.

photoclasse.jpgSouvenirs heureux

    Par contre, certains souvenirs agréables, liés à l'enfance, vous donnent parfois envie de savoir ce que vos anciens camarades de classe ou partenaires de clubs sportifs sont devenus. Pour autant, il s'agit ici plus de curiosité que d'un réel désir de renouer le contact. Et puis vouloir dialoguer avec celui ou celle qui était assis(e) à côté de vous dans la classe de maternelle, c'est aussi, passé le cap de la redécouverte, accepter l'éventualité de ne plus rien avoir à se dire. Chacun ayant tracé sa route, il est rare d'avoir conservé des points communs avec le temps, surtout quand l'amitié se limitait à partager son goûter ou à s'associer lors d'un cache-cache endiablé pendant la récré.

    Bizarre, tout de même, cette manie de vouloir renouer avec son enfance, son adolescence. D'autant plus que ces premières années se déclinaient en joies comme ...en peines. Les premières bagarres, les fessées, le coin, puis les bulletins qui font mal, les peines de coeur, les punitions. A en croire toute cette mode du "revival", seuls les bons souvenirs seraient restés.

Peur du futur ?

    A moins que ce ne soit une certaine forme de peur du futur, d'angoisse face à l'avenir qui nous pousse à nous réfugier vers un passé perçu comme réconfortant. L'incompréhension, la non-adaptation au présent favorise le repli sur soi. Le retour vers des valeurs sûres : les siennes. Donc les bons souvenirs, de préférence. Certains s'enferment dans les jeux vidéos ou la science-fiction, se fabriquant une réalité alternative, virtuelle. D'autres se tournent plutôt vers leur enfance. Mémoire embrumée d'une époque dorée ? Peu importe, cet étrange retour, favorisé par les technologies d'avenir, accapare le présent. En témoignent les soirées citadines où de très vieux ados s'éclatent devant Chantal Goya ou l'intégrale des Musclés.

    Grand bien leur fasse. Copains d'Avant s'inscrit dans cette même logique. Renforçant encore un peu plus une certaine forme de communautarisme. Ce n'est pas en recherchant ses vieux potes que l'on s'en crée de nouveaux. Ce n'est pas en se tournant vers des visages connus que l'on élargit son cercle d'amis. En bref, ce n'est pas comme ça que l'on favorise l'ouverture vers d'autres communautés, d'autres formes de pensée.

...is watching you

    Tribu, repli sur soi et ...fichage. Sans tomber dans la paranoïa, il faut savoir que l'exposition sur la toile de tant de données personnelles intéresse au plus haut point les entreprises soucieuses de développer leur fichiers clients. Ne vous étonnez pas de recevoir tant de publicités dans votre boîte mail. En poussant un peu plus loin le bouchon "orwellien", on pourrait imaginer toutes sortes de scenarii liés à l'exploitation par l'administration toute puissante de ces informations. Le contrôle des populations est porté à son paroxysme lorsque celles-ci y concourrent volontairement, lorsque son idée même en est acceptée...

    D'où mon refus de prendre part à l'internationale du renseignement (Facebook), ou de limiter au maximum les infos disponibles sur mon profil de Copains d'Avant. Surtout quand on exerce un métier soumis à de plus en plus de pressions. Sans aller jusqu'à ces extrémités, je suis de ceux qui pensent que la vie privée, malgré la mode du bling-bling, c'est quelque chose qui se préserve...


J. M.




www.copainsdavant.linternaute.com







par J. M.
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Samedi 1 mars 2008
    On nous endort avec des discours sécuritaires. Le phénomène n'est pas nouveau. Mais de là à fermer les yeux sur les plus grosses malversations, c'est trop. Réveillez-vous !


    La lucidité. C'est ce que Serge Halimi espérait provoquer chez le lecteur de son pamphlet Les Nouveaux Chiens de Garde.  Le journaliste serait bien étonné de voir que non seulement les Français sont lucides face à la corruption, la collusion et les scandales, mais qu'en plus ils les cautionnent !


    Je ne l'invente pas, c'est dans Le Monde d'hier. Sous la forme d'un bref encadré, c'est de la bouche de Pierre Lascoumes, chercheur au Centre d'études de la vie politique française (Cevipof), qu'émane ce sombre constat. Evoquant les municipales, l'observateur explique que "les principes éthiques n'arrivent pas au premier rang des préoccupations des électeurs". Ceux-ci, poursuit-il, "considèrent  que la politique, finalement, c'est comme ça, qu'on ne peut procéder autrement". Le clientélisme serait donc, selon la majorité des Français, une sorte de seconde nature, un gène commun à tous les édiles, un travers inné qu'il faudrait bien se résoudre à accepter.newbribe.jpg

    Le mauvais exemple, à force d'être reconduit et rapporté, s'est donc transformé en banalité tolérée, sinon acceptée. Les dérives mafieuses de nos dirigeants ne nous choquent plus, tant que leurs promesses sont tenues et que le boulot est fait. Raisonnement qui n'en finit plus de m'étonner : pardonnerait-on aux violeurs si on savait qu'ils se comportent très bien avec leur mère ? Passerait-on sur les malversations de certains grands patrons au prétexte que ceux-ci brassent chaque jour des millions ?  J'ose espérer que non.

    Justement, dans Marianne, aujourd'hui, retour sur les millions d'euros disparus des caisses de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Après avoir été mis en examen, son ancien président, Denis Gauthier-Sauvagnac, aurait touché 1,5 million d'euros de retraite dorée ainsi qu'une colossale compensation financière pour faire face à d'éventuelles condamnations pénales et fiscales, "s'il gardait le silence sur l'identité des bénéficiaires des millions d'euros en liquide", nous livre l'hebdomadaire.

    Ce genre de dérives seraient donc admises par de plus en plus d'électeurs. Alors qu'il ne se passe pas un jour sans que les sociétaires du Medef ou de l'UIMM ne nous resservent leur affligeant argumentaire d'un "SMIC trop haut en France, frein à l'économie", ou des prétendues "barrières législatives" qui grignoteraient leur liberté d'entreprendre et leurs... profits. Mais c'est toujours pareil, pendant qu'on tire à boulets rouges sur les jeunes de banlieues, les chômeurs ou les fonctionnaires, les délinquants des beaux quartiers continuent de s'en mettre plein les poches dans l'indifférence générale.

    Jusque-là, on avait la décence de s'en indigner, par lucidité, donc. Aujourd'hui, c'est fini. On a décidément les dirigeants qu'on mérite.


J. M.
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par J. M.
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Mardi 26 février 2008
    Les fortifications historiques de Perpignan ont, dans leur très grande majorité, disparu au début du XXe siècle. La magie du web les a ressucitées.


Perpiavant.jpg    Elle paraissait imprenable. La meilleure place forte d'Europe, avait-on coutume de dire avant 1689.  Résistance éternelle ? Le temps a pourtant eu raison des défenses de la "Fidelissima vila". Perpignan a perdu ses murailles, et à coup sûr, une partie de son charme au début du siècle dernier.    
    Jadis considérée comme la "clé et porte de l'Espagne", à laquelle Charles Quint tenait autant qu'à la prunelle de ses yeux, la capitale du Roussillon s'est alors développée sur les ruines encore fumantes des remparts de Vauban. Les dirigeants municipaux de l'époque n'épargnèrent que la citadelle, sans doute sauvée du désastre grâce à l'immuable présence militaire au sein des casernes jouxtant l'ancienne demeure des Rois de Majorque.

Au pied des cayrous
   
Enfant, j'ai toujours été fasciné par ce palais. Ma grand-mère habitant à deux pas, il n'était pas rare que nous partions nous amuser à l'ombre des solides remparts de briques rouges. J'imaginais alors des chevaliers s'empressant dans la poussière, jetant férocement leurs grapins au sommet des murs pour tenter d'envahir le palais. C'était peine perdue. Les barbelés les auraient arrêtés.
   
undefinedPlus tard, j'ai compris mon anachronisme. Les militaires de la DGSE, nouveaux maîtres de la citadelle, empêchent toujours les visites sur les bastions et courtines successivement aménagés et renforcés par Charles Quint, Phillipe II d'Espagne et Sébastien Vauban. Aucun visiteur civil n'y a posé les pieds depuis des dizaines, des centaines d'années. Privés de citadelle, confinés au seul palais des Rois de Majorque, les Perpignanais n'ont plus que leur tête, leur coeur pour imaginer faire un jour le tour complet de l'ouvrage.
Imaginer comment, du haut de la citadelle ou des remparts de la ville disparus, leurs ancêtres luttèrent, défiant les troupes de Louis XI pour demeurer Catalans. Bravant la faim et la mort par loyauté envers "leur" patrie, jusqu'à se faire attribuer le peu gratifiant surnom de menjarates (mangeurs de rats) par l'occupant...

Imaginer et c'est tout  

    Je n'ai jamais suivi les préceptes d'un catalanisme passéïste. A l'heure de l'Europe, la démarche indépendantiste me semble une aberration. La sauvergarde de la culture, une nécessité. Voilà pourquoi j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à me pencher sur l'histoire de ma ville d'origine. Voilà pourquoi j'ai souvent tenté d'imaginer ce que pouvaient ressentir mes ancêtres (si tant est qu'ils fussent Perpignanais !) lorsqu'ils se promenaient sur les remparts, scrutant la campagne environnante ou admirant encore et toujours ce vieux Canigou. Adolescent, je me suis pris de passion pour le récit des vieilles enceintes de la cité. Sillonant le centre-ville à la recherche de la moindre trace, du moindre indice permettant d'en raviver le souvenir, j'avais l'impression de parcourir les méandres du temps. L'ouvrage d'Antoine de Roux sur le sujet (1), bien que très explicite, avec ses vues du plan en relief de 1686 commandé par Louis XIV, ne parvenait pourtant pas à rassasier mon esprit fécond. Alors, l'imagination trouvant ses limites dans la vérité historique, une sorte de nostalgie de ce glorieux passé architectural poignait en moi...

Les murailles relevées  

    Jusqu'à ce que mes recherches internet me poussent par hasard vers un site formidable : kikiarg.neuf.fr/index.html. Un (ou des ?) passionné(s), a rassemblé une foule de photos, gravures et cartes postales du début du siècle montrant les fortifications avant leur destruction, avec tous les bastions, portes et ouvrages avancés qui formaient alors la défense de la ville. Très ludique, le site établit des parallèles entre les vues proposées, le plan en relief de Vauban et des photographies actuelles prises exactement au même endroit. Avec une navigation fléchée, permettant, au fil des illustrations, de s'offrir l'illusion d'une balade au milieu des fortifications.
    Le contraste avec la ville actuelle apparaît d'autant plus frappant. Perpignan n'a plus rien à voir avec cette cité encore médiévale, enchâssée dans ses imposants remparts. Les immeubles ont depuis grignoté, dévoré la campagne qui l'environnait. Le ramdam des boulevards a remplacé la quiétude des demi-lunes. Et au vu de cette balade didactique, on ne peut que regretter que les édiles de la Belle Epoque aient conservé seulement un dixième de ces chefs-d'oeuvre de l'art militaire, de cette mémoire du Perpignan historique.



J. M.



(1)  Antoine de Roux, Perpignan à la fin du XVIIe siècle, le plan en relief de 1686, Caisse nationale des Monuments Historiques et des Sites, Mission d'Aménagement du Musée des Plans-Reliefs.


Photos tirées du site kikiarg.neuf.fr/index.html
par J. M.
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Mercredi 20 février 2008

Sur le terrain de la vidéo haute définition, les choses sont désormais claires. Sony et son Blu-Ray occuperont le marché ces prochaines années. Côté audio par contre, le leadership reste à définir. 

Le HD-DVD est mort, vive le Blu-Ray. Pour beaucoup de néophytes, l'info a dû paraître bien abstraite. En clair, l’un des deux formats en passe de remplacer le DVD vient d’être retiré du marché par son fabricant, faute de débouchés. 

Impossible en effet pour Toshiba, maison-mère du HD-DVD, de continuer à commercialiser son produit face à Sony et ses 70 % de parts de marché dans les films américains (le Blu-Ray a déjà été choisi par la 20th Century Fox, Metro-Goldwyn-Mayer et Disney). Ceux qui doivent faire la gueule, ce sont tous les cinéphiles qui, ces derniers mois et notamment durant les fêtes, avaient pu s'offrir à moindre coût un ensemble home-cinema uniquement compatible HD-DVD. Un mois et demi plus tard, leur matériel réputé "révolutionnaire", "d'avant-garde", "dernier-cri", est déjà obsolète.   

Un peu comme ces ordinateurs trop puissants : sitôt achetés, déjà dépassés. Le progrès technique dans sa définition donnée par Joseph Schumpeter (1883 – 1950) – « une destruction créatrice » -  n’a jamais été si actuel. L’économiste autrichien voyait la crise comme un terrain favorable à l’exploration d’idées nouvelles, favorisant les innovations et entraînant irrémédiablement la destruction des anciennes innovations. 

 
Une drôle de crise

 

66356-sony-blu-ray-1.jpgAujourd’hui, personne ne saurait nier que les industries du cinéma et de la musique sont frappées par une telle crise. Le téléchargement sauvage a eu raison de toutes les protections et pour les nouvelles générations, le support disque semble dépassé. Les nouveaux formats multimédia (le MP3, le DivX) ont permis de dématérialiser albums et films. Les majors du disque et les piliers de la production cinématographique ne cessent de déplorer leurs pertes, malgré l’attachement d’une poignée de collectionneurs à l’objet CD ou aux coffrets DVD bourrés de bonus. 

Dès lors, l’innovation devient nécessaire à la poursuite de la croissance économique. Quitte même, à vendre aux consommateurs des moyens techniques aggravant la crise. Ce sont en effet les mêmes firmes qui fournissent des graveurs, des disques et DVD vierges, voire le haut-débit nécessaire au téléchargement de masse (le géant AOL – Time Warner par exemple). Alors quand des mesures drastiques sont prises à l’encontre des « pirates », on ne peut s’empêcher d’avoir le mot « hypocrisie » à l’esprit… 

Quoi qu’il en soit, les supports dont on prédisait la mort prochaine, ne cessent de se réinventer. Prenant de court (pour un temps), la voracité des internautes, Toshiba et Sony ont opté pour la haute définition. « Une qualité d’image sans équivalent », nous expliquaient-ils. Le même discours qui prévalait lorsque le DVD avait jeté la VHS aux oubliettes de l’histoire. Grâce au numérique, la qualité semble pouvoir s’améliorer à l’infini. Sur des écrans toujours plus grands. Et on en viendrait presque à se demander comment avant, on pouvait vivre sans.

 
Personnellement, je n’attache pas une très grande importance à la qualité d’image. Au risque de passer pour archaïque, j’avoue que la qualité d’un DVD me paraît déjà plus qu’honnête. Et comme je ne compte pas investir dans un téléviseur défigurant mon salon, la haute définition ne m’intéresse pas vraiment. Si j’ai envie de grands espaces, de couleurs somptueuses, de lumière éclatante, je préfère arpenter mes chères Pyrénées et prendre un bon bol d’air plutôt que de rester enfermé chez moi.

 

Une nouvelle façon d'écouter la musique

Par contre, et ce sera le premier coup de cœur de ce blog (au bout de dix articles, il était temps !!!), mon précédent raisonnement s’écroule lorsqu’on touche au son. J’ai complètement repensé ma façon d’écouter de la musique lorsque j’ai fait l’acquisition d’un système home cinéma, doté de cinq enceintes et d’un caisson de basses. Ainsi spatialisé, le son prend une toute autre dimension.
Ecouter ses CD sur cinq enceintes, c’est déjà un progrès. Mais glisser un DVD-Audio ou un SACD (1) dans son lecteur, c’est laisser le divin jaillir des haut-parleurs. Ces formats relativement récents (moins de dix ans), encore assez peu développés, apportent une qualité d’écoute sans commune mesure avec un CD ordinaire.

 
Enregistrés sur cinq canaux (contre deux pour un CD stéréo), ces disques novateurs permettent, par leur capacité importante (4,5 Go pour un DVD contre 700 Mo pour un CD), d'offrir plus de débit sonore, donc plus de qualité. Et l'auditeur de distinguer chaque nuance, de détacher chaque note, de percevoir le moindre petit coup de médiator, le plus discret tintillement d'une cymbale. Placé au milieu des cinq enceintes, il ne faut pas longtemps pour que la magie opère. On est presque instantanément propulsé au milieu des musiciens, coincé entre le guitariste et le claviériste, face au chanteur et au bassiste, assez loin du batteur pour apprécier l’ensemble.

 
A me lire, certains se diront : « Bah, encore un truc de musiciens, moi le son d’un CD me convient très bien ». C’est possible. Tant qu’on n’a pas goûté à un bon DVD-Audio (ou un SACD). Car à la différence des nouveaux formats vidéo, il semblerait qu’on ait, en matière de son, quasiment atteint les limites de la perfection. Un nouveau format « sans pertes », le MLP lossless, offre désormais à l’auditeur l’ensemble d’une œuvre telle qu’elle a été enregistrée, au bit près. Si on dispose d’une installation de qualité, on aura exactement le même son que celui réglé et programmé en studio par les musiciens, à la différence d’un CD audio ou même d’un DVD vidéo (DTS ou Dolby Digital) qui ne délivrent qu’un son compressé, c'est-à-dire auquel on a enlevé certaines informations numériques (pour des questions d’espace).

 
Il va falloir trancherSACD.JPG

En matière de son, le support ultime existerait donc déjà. Les innovations à venir devraient simplement permettre de délivrer le son des DVD-Audio et SACD sur toujours plus d’enceintes. Les chercheurs en seraient déjà au 13.1. Et demain, une sphère d’amplis dans laquelle l’auditeur prendrait place ? La technique peut nourrir les rêves les plus farfelus. Du côté de la vidéo, les supports Blu-Ray semblent eux aussi toucher à la perfection. Les prochains défis seront sûrement liés à la taille des écrans, toujours plus grands. L’homme du futur devra sûrement  pousser les murs…

 
Mais, ceux qui ont continué la lecture jusqu’ici se seront peut-être demandés pourquoi, en matière de disques audio multicanaux, continuent de cohabiter deux entités souvent opposées (le SACD et le DVD-Audio), alors que du côté de la vidéo, la sélection naturelle vient de s’opérer au profit du Blu-Ray de Sony. Inévitablement, pour éviter la redondance de supports ayant peu ou prou les mêmes fonctions, il va falloir que l'industrie du disque penche pour l'un ou l'autre format.

A en lire certains sites internet, le SACD serait moribond, à cause de son format si différent des DVD. D’autres annoncent la mort du DVD-Audio, illisible sur les platines classiques, contrairement aux SACD, pourvus d’une piste stéréo haute-définition. Du coup, si la bataille venait à s’accentuer entre ces deux formats, avec en ligne de mire la disparition du CD dans quelques années, on retrouverait sur le ring les mêmes combattants que ceux qui viennent de s’affronter sur le terrain de la vidéo : d’un côté Sony et Philips, co-inventeurs du SACD, et de l’autre Toshiba et Pioneer, à l’origine du DVD-Audio.

 

Si Sony parvenait à mettre hors-course le DVD-Audio, elle maîtriserait tous les supports audio et vidéo d’avenir. Par contre, si le SACD venait à disparaître, les observateurs ne manqueraient pas de faire remarquer que Toshiba a peut-être accepté de « sacrifier » son HD-DVD en échange de garanties quant à la survie du DVD-Audio… Affaire à suivre, donc…

 

 


J. M.



(1) Pour en savoir plus sur les deux formats, lire ici : http://www.zdnet.fr/produits/materiels/cartes_son/0,39049678,1002706,00.htm
par J. M.
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Mardi 12 février 2008
Sarkozy encore et toujours. Comme si presse et médias n'étaient pas déjà saturés de la présence envahissante du père, voilà qu'on doit  désormais se farcir le fils...


De Jean Sarkozy, on ne sait finalement pas grand-chose.  La presse et le web nous apportent quelques éléments de réponse :  fils de son père, donc, né en 1987, il multiplie casquettes et boulettes. On ne lui en voudra pas, c'est de famille.
Rappelez-vous Pierre, son grand frère. En janvier 2007, la police nationale remuait ciel et terre pour retrouver son scooter, subtilisé quelques jours plus tôt en plein Neuilly. Après quelques tests ADN habituellement réservés aux affaires criminelles, le fils du ministre de l'Intérieur de l'époque récupérait son deux-roues, entrant ainsi dans la caste privilégiée des 8 % de Français dont le vol de pétrolette est élucidé (
1).

photo_1202664288926-6-original.jpgSous le casque, des cheveux

Le scooter, chez les Sarkozy, ça fait tâche d'huile. En décembre dernier, Jean, le cadet, était convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris pour une affaire de délit de fuite. Après avoir percuté le véhicule de M'Hamed Bellouti, en octobre 2005 à Paris, le fils du patron de l'UMP se serait enfui, gratifiant au passage la victime d'un geste obscène. Ici, pas besoin d'ADN, la plaque d'immatriculation du scooter aura suffit à identifier le délinquant présumé et ce, magré que la plainte se soit "égarée" quelques temps...

Mais Jean, c'est aussi beaucoup de respect pour son père. Comme papa, il a entrepris des études de droit. Comme papa, on le décrit comme un bon comédien. Et si le jeune homme n'avait pas fait primer les bancs de la fac sur les planches du théâtre, il partagerait en ce moment-même l'affiche d'"Oscar" avec Sophie Tapie, la fille d'un autre grand acteur.
Un des rares trucs que Jean ne partage pas avec son père, c'est la longueur des cheveux. Blond platine, raie sur le côté rejoignant les épaules, allure décontract', le bellâtre (?) joue les Brice de Neuilly. "Cheveux longs, idées courtes" ? C'est pourtant le genre de slogans que braillait papa lorsqu'il manifestait contre les héritiers de 68, du temps de sa jeunesse politique. Etonnant comme la droite la plus réac' a pu, les années passant, s'enticher des attributs de la virilité révolutionnaire...

La discrétion des élus

A l'en croire, et malgré tout le buzz autour de la famille présidentielle (Cécilia, Carla, etc.), Jean voulait rester en retrait. Aux caméras de France 2, le soir de l'élection présidentielle, il déclarait : "Je veux pas me mettre en avant, je veux rester discret [...]. Vous le saurez pour les cinq ans à venir, aucune interview, rien du tout, j'espère que vous le comprendrez " (
2). 
Huit mois plus tard, le fils du président crée la polémique en se désolidarisant de la liste Martinon en vue des municipales de Neuilly. On parle de "désaccords profonds", mais le chef de l'Elysée ne s'y serait pas pris autrement s'il avait voulu mettre définitivement hors-jeu son porte-parole, rappelons-le protégé de Cécilia ex-Sarkozy.

Alors Jean, politicien né ou homme de main de papa ? A vingt et un ans, France-Info (
3) veut bien lui prêter un "talent électoral". Or, jusqu'à maintenant, on ne lui connaît aucun mandat. A moins qu'être délégué de classe ou président de l'Amicale des étudiants de la fac de droit - en supposant qu'il l'aît été un jour ! -, n'ouvre droit à tous les louanges attribués par les médias aux tribuns les plus brillants. Du côté de l'UMP, on le verrait même maire (4) ! Né en 1987, il aura cette année l'âge requis pour briguer un mandat municipal. Mais de là à duper tout l'électorat fortuné de Neuilly...

Finalement, on en revient à l'ADN. Comme pour la délinquance (c'est ce que déclarait le candidat Sarkozy), il semblerait qu'il existe un gène politique, décelable dès l'enfance. Et qui, comme dans de nombreuses familles (les Debré, Delors-Aubry, Le Pen... ), se transmet au fil des générations. Entre népotisme et méritocratie, la France et ses élites poursuivent bon gré mal gré leur chemin. Vers la démocratie ?


J. M.


(1)    http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_la_une/toute_l_actualite/voeux-presse-2008/downloadFile/attachedFile_1/Index_107_-_Decembre_2007_et_annee_2007.pdf?nocache=1200499676.13

(2)
http://www.dailymotion.com/video/x1x7gz_jean-sarkozy-alias-tete-a-claques

(3)
France-Info, journal de 9 h, mardi 12 février 2008.

(4)
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/municipales_2008/20080211.OBS9873/jean_sarkozy_maire_de_neuilly_.html



Photo François Guillot (AFP).

par J. M.
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Vendredi 1 février 2008
L'enfant roi ne supporte aucune brimade. Quand une gifle part, c'est l'éducation nationale qui est pointée du doigt. Et si on reparlait d'autorité parentale ?

Quand un élève reçoit une claque, il est de bon ton de taper sur les profs.  Mais pourquoi donc ?

1 - Parce que ce sont des fonctionnaires (si ça c'est pas une tare, hein ?)
2 - Parce qu'ils ont plus de vacances que nous.
3 - Parce qu'ils ont la sécurité de l'emploi (ce qui revient au premier point, je vous l'accorde).

Pour toutes ces raisons, les profs - ces fainéants toujours en grève - n'auraient qu'un seul droit, celui de la fermer, même face aux insultes.

Débutant à 1500 €, atteignant au grand maximum 2921 € après 30 ans de carrière (pour un professeur des écoles non agrégé), les profs ne sont pas forcément les plus mal lotis. Mais de là à réduire au silence la moindre de leurs revendications...
Car être prof, quand on est consciencieux, ça n'est pas si simple que ça en a l'air. Les devoirs à corriger après le boulot, passe encore. La responsabilité de l'enseignant en cas de pépin, soit. Mais faire face aux caprices d'enfants rois, ça doit être terrible. Et là, la faute serait plutôt à rejeter sur les parents...

"Comme papa"
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L'enfant roi est né de la consommation, de la publicité. Père indigne, celui qui ne chérit pas son bambin à coups de joujoux vus à la télé. Mère ingrate, celle qui n'achète pas à son marmot la dernière paire de Nike signée Ronaldinho. Pression de la cour de récréation, volonté de faire comme papa et maman, la distance entre les parents et leurs enfants s'est estompée. Le fiston porte les mêmes fringues que son paternel. La gamine veut le même maquillage et les habits moulants de sa mère.

Comment inspirer de l'autorité à celui ou celle qui nous ressemble ? On est passés du papa craint au père copain. Plus de limites pour nos chérubins. Pour qu'il soit heureux, ôtons lui toute contrainte, apportons-lui le confort matériel, étage suprême dans la hiérarchie du bonheur consumériste. "L'enfant qui n'a jamais connu de limites ressent une injustice insupportable dès lors que la moindre des contradictions vient le perturber - quand par exemple, ses parents ne lui achètent pas ce qu'il veut, tout de suite. L'enfant devient le dictateur de la maison, ne sait que fonctionner en mode « caprice » et ne sait pas désirer une chose avant de l'avoir, attendre, être seul et s'amuser seul, gérer le « non » de n'importe quelle autorité", peut-on lire sur 1001nuits.org.

La claque pour les enseignants

L'autorité d'un prof est donc une entrave à la liberté d'agir de l'enfant-roi, qui riposte alors "légitimement" par une insulte. Une conduite très souvent justifiée par les parents en cas de conflit enfant - profs. Des "maîtres" déchus, impuissants, incapables d'imposer leur autorité à ceux qui en ignorent le sens, et qui se laissent parfois aller à la violence. En témoigne la gifle, cette gifle reçue par un élève de 6e d'un collège du Nord lundi et qui, depuis, a fait couler beaucoup d'encre. Le châtiment corporel, objet de tant de polémiques en matière d'éducation (il est interdit par la loi suédoise depuis 1979), n'en finit pas de faire parler de lui. Pourtant, le  problème semble être plus profond, d'ordre familial, sociétal. Et il y a fort à parier que comme souvent, on préfèrera s'attaquer aux méthodes d'enseignement, plus criticables électoralement parlant, qu'à la véritable cause, le défaut d'autorité au sein de la sphère familiale.


J. M.
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par J. M.
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