Samedi 18 avril 2009

Un petit article sur le rock progressif de la fin des années 60 et du début des années 70, inspiré d'une discussion autour de la portée de l'oeuvre de Mike Oldfield...


En musique, comme dans beaucoup d’autres domaines à portée scientifique, la précision des termes choisis est capitale. C’est ce que j’ai retenu de mes études de droit, où le plus petit changement de vocable peut engendrer un contresens total.

Voilà pourquoi j’ai tenu à distinguer la création de l’invention, la créativité de l’inventivité. Créer, au sens du dictionnaire, c’est produire. Créer des biens, des services, des œuvres. Sans aucune référence à une quelconque originalité. Alors qu’inventer, c’est imaginer, découvrir, innover. Avec ce que ça comporte comme nouveauté.


Ce que je reproche à Oldfield, c’est donc une quasi-absence d’inventivité, pas de créativité. Mais pour bien comprendre ce raisonnement, il faut se replonger dans l’histoire du rock progressif, puisque de l’avis de tous, « Tubular Bells » en fait partie.


Alors que ce disque sort en 1973, le rock a changé de visage sept ans auparavant. Les musicologues font remonter la naissance du rock prog’ à 1967 (voir la thèse de Christophe Pirenne « Le rock progressif anglais : 1967 – 1977 »), avec l’album « Sgt Pepper » des Beatles, révolutionnaire à plus d’un titre. Utilisation pour la première fois dans le rock d’instruments classiques ou indiens. De cuivres, aussi. Des structures qui font voler en éclat le triptyque couplet/pont/refrain. Des rythmes asymétriques qui s’ajoutent au traditionnel binaire. Sans parler des techniques d’enregistrement, avec les échos, delays, boucles, bandes inversées et autres effets stéréo totalement inédits.

Cette même année, les Moody Blues sont les premiers à enregistrer un album complet avec un orchestre symphonique. Les Pink Floyd lancent la recette d’un rock psychédélique qui dérivera peu à peu vers le symphonico-progressif (« Atom Heart Mother » en 70, « Meddle » en 71). Les Beach Boys développent l’écriture contrapuntique de leurs chœurs, introduisant une nouvelle notion dans le rock, héritée de la musique médiévale ou baroque. Les Who, en 69, avec « Tommy », vont plus loin que les Beatles dans le théâtral : l’opéra rock est né. Cette même année, un Ovni déchire le paysage musical : King Crimson. Il y a tout : l’improvisation du jazz, la virtuosité du classique, la hargne du rock. Avec ce qu’il faut de douceur et de poésie pour poser les jalons du rock progressif. Si « Sgt Pepper » était la première pierre du prog, « In the Court of the Crimson King » en est la clef de voûte. Tout part de là.


Genesis embraye et en cinq albums magiques, encensés par la critique, définit le prog des vingt années à venir (IQ, Pendragon, Arena, Marillion, c’est du Genesis). Yes va plus loin dans l’instrumentation débridée, notamment avec « Fragile » en 1971 et « Close to the Edge » en 1972. Procol Harum et Jethro Tull ont cité Bach, Magma s’inspire de Coltrane pour inventer la « Zeuhl » : un mélange de free jazz et de rock proche de celui proposé de l’autre côté de la frontière par les Mahavishnu Orchestra, Return to Forever, Gong ou plus proche, le Soft Machine de Robert Wyatt. Dans le même temps, Emerson Lake and Palmer inventent le rock baroque, pompeux, où la virtuosité prime sur le reste (premier album en 70). Van der Graaf Generator, Gentle Giant ou Caravan apportent des variantes… Pendant que Santana enfante le rock/world music.

Bref, à cette époque, le rock foisonne en innovations, regorge d’inventivité – et je passe volontairement sous silence le côté plus dur avec les Hendrix, MC5, Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple, Zappa, BÖC & co-. Les 70’s sont à ce jour la période la plus riche de l’histoire de la musique rock.


Le 21 mars 1973, Pink Floyd révolutionne le son en usant de la quadriphonie (le 4.1, en gros) sur son incroyable « Dark Side of the Moon », déjà père de la musique électronique. C’est deux mois plus tard que débarque Oldfield pour son deuxième album (le premier, sorti en 68, est au mieux, anecdotique), le fameux « Tubular Bells ». Ce disque invente, innove. Il faut en profiter : ce sera le seul moment de sa carrière où Oldfield apporte vraiment quelque chose de novateur, par rapport à ce qui existe déjà. Le principe est simple, mais personne ne l’a développé dans le rock avant lui (jusqu’à preuve du contraire) :

Baser un long morceau sur la superposition de multiples instruments s’entrecroisant, créant ainsi une ensemble harmonieux et cohérent à partir d’une mélodie de base. Le principe du contrepoint introduit dans l’instrumentation rock.

Et force est de constater que c’est un réel succès. Une œuvre majeure. Mais basée sur cette seule recette. Pour ce qui est du reste, Oldfield n’apporte rien de plus que ce qui existait déjà. Le son n’a rien d’exceptionnel, les instruments utilisés sont désormais communs au rock prog’, etc. Ce qui fait la force de « Tubular Bells », c’est sa construction, ses respirations, sa montée en puissance. Personne n’en niera les qualités.


Pas plus que celles de sa production ultérieure. Oldfield est un maître arrangeur, un fin compositeur, un musicien averti. Mais son inventivité s’est arrêtée en 1973, à la fin de la face B de son chef d’œuvre. Après, ce n’est que de la redite. Ou presque. A la recherche du « Tubular Bells » 2 qu’il ne trouvera jamais.

On peut prendre beaucoup de plaisir à écouter ses disques (on en a 6 à la maison !) mais reconnaître que la créativité a pris le pas sur l’inventivité. On y revient. Même ses tubes futurs, « To France » ou « Moonlight Shadow » empruntent à la tradition folk anglaise des 70’s, déjà popularisée par Led Zep sur son troisième disque. Après « Tubular Bells », on dirait qu’Oldfield capitalise sur le succès. En témoignent les différentes versions (lives, remasters, réenregistrement) lancées dans les bacs  au fil des ans. « Hergest Ridge », « Ommadawn » ou « Ammarock », en dépit de nombreuses qualités (ce sont objectivement ses plus réussis après « Tubular Bells »), n’inventent rien. C’est un fait. Oldfield est devenu un touche à tout de talent, qui s’essaiera avec brio au flamenco, à la musique électronique ou au disco, mais sans la recette miracle qui l’a mené vers les sommets en 73.

En ce sens, son œuvre est considérée aujourd’hui par les musicologues et les critiques rock les plus avertis comme celle d’un unique chef d’œuvre. Donc à la portée toute relative. Combien d’artistes, aujourd’hui, se réclament de Mike Oldfield, comparé à tous ceux qui pompent sans vergogne Black Sabbath, Pink Floyd ou Hendrix ? Peu. Très peu.


Ce qui n’empêche, je le répète, de prendre beaucoup de plaisir à écouter ses disques. Par exemple, mon groupe préféré depuis quelques années, Porcupine Tree, n’a jamais rien inventé. Au regard de l’histoire de la musique, ça restera un groupe mineur. Qui a une créativité énorme, tant dans l’instrumentation, l’émotion véhiculée par des chansons d’apparence simples que par une production extraordinaire. Mais voilà, avant eux, il y a eu Pink Floyd, Crimson, Genesis, la pop anglaise et même la scène métal : autant d’influences qui ressurgissent à chaque écoute de leurs albums, auxquels on pourra attribuer tous les qualificatifs sauf ceux de « révolutionnaire » ou d’ « inventif ». C’est comme ça et on n’y peut rien.

On ne peut appréhender une musique, un artiste, sans avoir appris au préalable l’histoire, la chronologie du genre. Ca vaut pour la philosophie, la politique ou tout autre science. Et la subjectivité n’y changera rien. C’est aussi ce que j’ai retenu des mes cours de droit.


Pour finir, le point de vue des inconditionnels de Mike Oldfield, peu enclins à relativiser la portée de l'oeuvre de leur idole, m’a rappelé celui des fans de John Williams. Ceux-là même qui pensent souvent que cet artiste est à l’origine de tout en matière de musique de films. Alors que son œuvre, une fois qu’on a écouté Orff, Wagner mais aussi et surtout Holst (« Les Planètes »), prend une dimension toute relative. Bien que magnifique. Mais relative. Sûrement dopée par le succès des films mis en musique. Une analogie  pas innocente…

 

J. M.

 

Par J. M.
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Lundi 15 septembre 2008
Avec le boulot, dur de tenir ce blog à jour. Du coup, la nostalgie aidant, je vide les fonds de tiroir. Le texte à suivre aurait dû paraître sur le site web de mon ancien employeur. Mais à cause du je m'en foutisme des uns et de l'incompétence des autres, ce papier est resté lettre morte, comme tous ceux réalisés par mes confrères et consoeurs durant deux semaines de stage très enrichissantes. Voici donc un extrait, pour le moment sans photo (je vais tenter d'y remédier) d'un supplément jamais paru, et qui avait pour thème la métamorphose de la métropole lilloise. Ecrit il y a tout juste un an, le voilà enfin publié.


Elles étaient une verrue dans le paysage. Elles sont devenues un atout. Elles incarnaient les tares d'un Nord moribond. Elles abritent aujourd'hui ce qui fait son dynamisme. Les friches s'offrent une nouvelle vie. Une renaissance symbole des mutations de la métropole.

« Il n’y a quasiment plus de friches industrielles qui n’aient pas de projets de réhabilitation, à brève ou moyenne échéance. » Thibaut Brodin, du service économique de la ville de Roubaix n’en doute pas, ces vestiges du passé ouvrier « sont en voie de disparition ».  La fin des usines, des friches dans la métropole lilloise ? Il y a quelques années, la nouvelle aurait fait bondir de joie ses habitants, trop pressés d’en finir avec l’image qui collait à leur région : sombre, morose, minée. Aujourd’hui, leur réaction est bien plus mesurée.

C’est qu’en l’espace de quelques années, les friches, ces monstres de béton, d’acier et de briques au joli nom végétal, se sont muées en véritables mines d’or. Le regard que l’on portait sur elles s’est inversé. « Au début, explique  Emmanuel Brun, ingénieur chercheur spécialiste des friches industrielles, on ne se posait pas la question de leur devenir. Elles étaient là, point. » Une verrue dans le paysage urbain, un Ovni dans l’organisation de la ville que l’on refusait de voir, rappelant trop « le sang, la sueur, les larmes ». La cicatrice du chômage pas encore refermée, certains, dont d’anciens ouvriers « souhaitaient même qu’on les rase », précise Emmanuel Brun.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, « les raser n’était pas la solution la moins chère », assure le chercheur. De ces centaines d’hectares abandonnés, aux murs éventrés, machines à tisser retournées, charpentes affaissées et sols pollués au plomb et autres résidus chimiques, « il fallait faire quelque chose ». La meilleure idée ? « Y réimplanter des entreprises, idéal pour transformer au minimum » ces autels érigés à la gloire du Dieu Travail. En pratique, il était souvent difficile de trouver des repreneurs en phase avec l’activité passée du lieu.

Réhabilitées

Les anciennes usines ont finalement séduit un public inattendu.  Appâtés par les mètres carrés disponibles, en période de hausse des prix de l’immobilier, les promoteurs en ont fait des lofts. Avenue Jules-Guesde, à Roubaix, dans l’ancienne filature Leurent ou dans les murs de La Pie qui Chante, à Tourcoing, une nouvelle forme d’habitat a vu le jour, grand (rarement moins de 100 m2) et pas trop cher (1 300 euros le mètre viabilisé). Et les chantiers se sont multipliés: d’ici la fin de l’année, la Minoterie et la Teinturerie, deux friches roubaisiennes, suivront le même chemin. Fin 2008, quatre-vingt huit nouveaux lofts seront apparus à Tourcoing. Dans les vieux murs de briques rouges, les bobos auront bientôt remplacé les prolos. Sans parler des nombreuses transformations de friches en lieux culturels , qui ont changé la face de la métropole lilloise (les maisons folies de Wazemmes, Moulins, la Condition Publique à Roubaix, etc.).

Avec les réhabilitations, les friches historiques, témoins du passé textile de la métropole, tendent donc à se raréfier. Au risque, pour la région, de perdre une partie de son identité ?  « Certes, en convient Thibaut Brodin, c’est une activité historique de la région qui est en train de disparaître. La rançon de la gloire des villes renouvelées, en quelque sorte ». Un avis partagé par les « explorateurs urbains », ces archéologues industriels qui aiment pousser les portes des usines désaffectées  pour en capter l’esprit. « S’y glisser, se faufiler, s’immiscer, s’engager. Ne pas avoir peur de ramper, s’égratigner, s’écorcher les mains (…). Virilement provoquer le risque pour faire siennes la puissance et la démesure de l’usine (…). Entre fascination et dégoût, en revenir changé », écrivait en 2005, Sylvain Marcelli dans Tout doit disparaître (1), son ouvrage sur les friches illustré par Pierre Desjonquères.

Le temps de la nostalgie

Plus qu’un simple désir d’aventure, l’exploration clandestine des friches, particulièrement en vogue si l’on en juge aux nombreux sites Internet qui lui sont consacrés (2), se double souvent d’une certaine nostalgie. Nostalgie d’un monde terrible et oublié, dont il faut garder une trace. Nostalgie de ces immenses terrains de jeu, « espaces infinis de liberté » où enfants et ados prenaient le temps de se découvrir. « Pourquoi les endroits abandonnés sont-ils si attirants ? », s’interroge le photographe belge Henk Van Resbergen, connu pour ses clichés de friches (3). Outre l’aspect graphique, les anciennes usines comportent un attrait émotionnel, lié à la notion de patrimoine. La mémoire collective, voilà ce qui a permis à certaines friches d’êtres répertoriées, classées, protégées. Bâtiments de France, zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), requalifications, etc. Finalement, on finirait presque par vouloir conserver en l’état celles que l’on souhaitait autrefois voir disparaître au plus vite. L’office du tourisme de Roubaix en a même fait l’un des attraits de la ville, en organisant deux fois par an des visites de friches industrielles.

Friches et cycle

Peut-on, doit-on pour autant conserver ad vitam eternam ces vestiges ?  Pour Emmanuel Brun, la réponse est claire : « On ne peut pas tout garder. Un territoire ne peut pas vivre exclusivement sur son passé. La réhabilitation est un problème d’avenir et on ne peut pas se poser la question du patrimoine à tout bout de champ. Le patrimoine, c’est ce qu’il reste une fois qu’on a fait le tri ». Les friches, dans leur état sauvage, sont vouées à disparaître, cela paraît inévitable. Ce que confirme Michel Pacaux, maire de Frelinghien et vice-président de la LMCU (Lille métropole communauté urbaine) en charge des friches industrielles : « Il faut respecter cette mémoire, en conservant les murs, en gardant de temps en temps, une cheminée, pour ne pas oublier. Mais tout laisser en l’état, c’est impossible. »

Mais que les amoureux des friches se rassurent : « Les usines ferment moins qu’avant, mais elles se déplacent beaucoup plus, à cause des délocalisations », affirme Michel Pacaux. « Du coup, poursuit-il, de nouvelles friches apparaissent régulièrement dans la métropole ».  Voilà pourquoi leur nombre a continué d’augmenter entre 1995 et 2001 (de 116 à 232 recensées) alors que la plupart des filatures et teintureries du secteur avaient déjà fermé. En 2006, en dépit des nombreuses réhabilitations déjà achevées, la LMCU en dénombrait encore cent quatre-vingt. Un constat qui n’étonne pas Thibaut Brodin :  « Le concept de ville renouvelée est éternel. L’usure fera son œuvre et de nouvelles friches apparaîtront. C’est une histoire de cycles… »

 

J. M.

(1)  Tout doit disparaître, Sylvain Marcelli et Pierre Desjonquères, Inventaire/Invention, mars 2005.

(2)  http://www.cyberkata.org/index.php?op=viewlink&cid=10

(3)  http://www.abandoned-places.com  


Par J. M.
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Vendredi 15 août 2008
Me revoilà ! Et pour un billet de retour, c'est un direct à la mâchoire du système... Sur les rails. C'est ce qu'on réservait aux escrocs dans le lointain Far West. Goudrons et plumes pour ceux qui tentaient de nous... plumer. Ces jours-ci, l'instinct primaire l'emporte sur mon calme olympien.

On va dire que je me répète, mais l'Assedic et la Caf, c'est une vaste fumisterie. Du racket organisé au niveau étatique, légitimé. Les premiers me réclament 700 €, les seconds 459. Pourquoi ? Parce que selon eux, j'ai touché de l'argent alors que j'avais déjà repris le travail. Ils ont fait fi de mes déclarations de changement de situation. Ces corniauds de l'Assedic ont même égaré mon dernier recommandé ! Trop perçu, mise en demeure. Incompétence, arrogance.
Vous parlez d'assistés ? Je réponds accablés, harcelés, assiégés.

Eternelle justification
Le chômeur, le pauvre, le smicard, à bien des égards, s'apparente au tôlard. Il doit sans cesse se justifier. Prouver sa pauvreté. Pointer chaque mois, comme un prisonnier en liberté conditionnelle. Numéroté, administrativé, déshumanisé, il vit sous le regard inquisiteur de ses soi-disant pourvoyeurs : banquiers, assureurs, agents immobilier, organismes "sociaux"... Les riches n'ont pas ces problèmes, décomplexés comme une certaine droite.
Pendant ce temps, les jeunes, les travailleurs pauvres triment. Pour être tout à fait honnête, je gagne désormais 2 smics par mois. Mais si Assedic et Caf décident de m'en soutirer un, je fais comment ? Et ceux qui gagnent moins que moi ? Chez ces gens là, on n'vit pas Monsieur, on n'vit pas.

Crache, crache

Ma conscience ne s'est pas endormie en même temps que mes alloc'. Bien au contraire, l'esprit de révolte perdure. Comme seul remède à la pire des maladies dégénérescentes : l'embourgeoisement. Mais j'en suis loin. Alors que le confort semblait poindre, Assedic et Caf me proposent de racheter ma pauvreté. Un peu plus de 1100 € pour retrouver découvert, agios et pâtes en fin de mois.
Dur de gravir les échelons quand on vous marche dessus. Contrairement à ce que l'on croit, le plus dur c'est bien le décollage. Bienvenue dans le pays où la vie est trop chère. Argent trop cher, crache, crache. Nivellement par le bas. Pendant que la TVA perpétue le génocide des petites gens, les plus gros contribuables reçoivent des chèques du Fisc : 20 000, 30 000, 50 000 euros. Qui dit mieux ? On appelle ça le cadeau fiscal. Les écarts se creusent et le gouvernement encourage la tiers-mondisation de notre économie. On a assassiné le réparateur de l'ascenceur social. Sacrifié sur l'autel de la rentabilité. Voyageurs vers Utopia, terminus. Gare à la... chut !

J. M.

Légende photo : Oncle Picsou, nouveau président de l'Assédic.
Par J. M.
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Mercredi 16 avril 2008
Bon. Après deux offres refusées (oui, je sais, c'est un luxe), je viens de signer chez un grand quotidien de PQR, dans le sud-est. En Rhône-Alpes, plus exactement. Les plus perspicaces auront deviné de qui il s'agit.

Un mois reconductible, avec de sérieuses perspesctives d'embauche à la clé. Ca me changera.

Ben oui, comme quoi, tout est possible dans l'univers impitoyable de la presse.

Là, je suis crevé, je viens de me taper 1500 km en train dans la journée, alors je développerai plus demain.

D'ici là, bonjour chez vous,

J. M.
Par J. M.
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Lundi 7 avril 2008
La vie est mal faite. Vous galérez pendant des mois pour retrouver un boulot, vous restez sans réponse pendant de longues semaines, et tout d'un coup, tout se débloque. Deux offres en l'espace de trois jours. De quoi y perdre la boule, surtout quand le poste proposé est à pourvoir sous sept jours, à plusieurs centaines de kilomètres.

D'où de grosses interrogations au moment où j'écris ces lignes, renforcées par l'organisation d'un déménagement quasi-immédiat et donc, d'un changement de vie imminent. Prendre une décision aussi lourde de conséquences en aussi peu de temps, ça n'est pas la chose la plus facile que j'ai eue à faire de toute ma vie. Pourtant, demain, au plus tard, j'aurai opté pour un changement radical, signant dans le même temps pour une semaine de stress incroyable, une course contre la montre pour réussir un départ et une installation presque simultanés.

Dur dur. Je vous tiens au jus.


J. M.
Par J. M.
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Mercredi 2 avril 2008
Vous cherchez à vous faire avoir ? Comment ça, non ? Bon, alors lisez-moi et ne faites pas la même chose. Parce qu'aujourd'hui, j'ai fait coup double.

    14h, à la gare. Je m'apprête à réserver mon billet de train aller-retour pour Tours (waaah l'effet vocal !). Muni de mon bon de réservation ANPE, j'explique au guichetier à quelle heure j'aimerais prendre le train pour être à l'heure à mon entretien d'embauche. Grimace du guichetier : "Attention, me prévient-il, les places réservées ANPE sont limitées." 55 € l'aller-retour, c'était trop beau pour être vrai. "Vous pouvez partir à 11 h 06, mais il n'y a pas de train disponible pour vous l'après-midi". Comprendre : "Je vais devoir débourser encore pour une nuit d'hôtel". Un train le lendemain matin ? Même pas. Le premier "pour moi" est à 18 h. Sympa. Moisir à Tours une journée, non pas que cette ville me débecte paticulièrement (je n'y ai jamais mis les pieds), mais ça me fait quand même râler. Mon bon ANPE, il servira toujours de marque-page...

    Du coup, j'ose un : "Et en tarif normal pour un aller-retour dans la journée, c'est combien ?" Au moins cher, 101 €. Super, c'est vrai que les Assedics me permettent allégrement ce genre de largesses. Tenez mon brave, veuillez débiter ma carte de crédit. "La SNCF, à nous de vous faire préférer le train".

    Vingt minutes d'attente et un portefeuille plus léger plus tard, me voilà rentré. Tiens, jetons un oeil à la boîte aux lettres. Une journée où je reçois un CD de Joe Satriani ne saurait être totalement mauvaise. Tu parles, Charles. Un pli de la Poste. Je ne vous ai pas encore parlé de cette histoire. Un home-cinema vendu sur ebay ("on observe chez les chomeurs une tendance étrange qui consiste pour eux à se séparer de biens matériels pour accroître leur pouvoir d'achat") et arrivé en mauvais état à son destinataire, malgré le colis ultra-résistant que j'avais confectionné, assuré à hauteur de 450 € auprès de La Poste. L'acheteur m'ayant réclamé le remboursement de la somme versée, je m'étais retourné contre les services postaux, responsables (qui d'autre ?) de la détérioration de la marchandise, en espérant faire marcher l'assurance en question.

    Mais à La Poste, on est aussi fort qu'à l'ANPE. Au lieu d'inventer des fausses places de train pour les chômeurs, La Poste fait mieux : elle a mis en place une assurance sur les colis qui ne marche que... si elle reconnaît sa faute lors de l'acheminement. Les facteurs juges et parties, vous saisissez ? Donc, rien à attendre de ce côté là, c'est ce que m'a signifié la direction du "groupe", puisque le colis est arrivé "sans signe extérieur de spoliation ou de détérioration". En effet, malgré que toute la marchandise soit toute cabossée pour ne pas dire enfoncée à l'intérieur, le carton ultra-résistant se portait bien, merci. Donc, à moins que paypal (l'organisme qui gère les transactions sur ebay) ne me donne raison dans le litige qui m'oppose à l'acheteur, j'y serai de 180 € de ma poche, après avoir payé pour une assurance fantôme.

    101 € pour passer un entretien, 180 € pour réparer les erreurs de La Poste, ça fait - comme on le dit vulgairement - mal au cul. Quand on est assis sur un joli pécule, la douleur à l'arrière-train doit être plus supportable que lorsque qu'on tient debout grâce aux Assedic. Mais pour tous, la règle est la même : se faire entuber (je me maîtrise, je reste poli) de toutes parts.

    Comme le disait un collègue de travail, "courage et bonne humeur".


J. M.




Légende Photo : SNCF, ANPE, La Poste : le trio magique qui vous entube à petit prix.
Par J. M.
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Mardi 1 avril 2008
Bonjour à mes lecteurs (si si, les statistiques du blog prouvent que vous existez !);

Vous aurez constaté que je n'ai pas été très prolifique durant le mois écoulé. C'est que j'étais occupé à chercher du boulot. J'ai intensifié mes démarches, et me voilà sur le chemin de Paris et Tours pour deux entretiens. Du coup, j'ai moins de temps à consacrer à ce blog. Je ne l'abandonne pas pour autant. Disons qu'il s'agit d'une mise au ralenti, le temps de voir ce que l'avenir me réserve. Mais je promets de publier un article d'ici à ce week-end, et de vous tenir informés de l'évolution de ma recherche d'emploi.

D'ici là, bon courage à vous.

J. M.
Par J. M.
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Mardi 11 mars 2008
Derrière ce titre polémique, j'espère apporter un point de vue décalé et volontairement subversif sur cette nouvelle Mecque des relations virtuelles : Copains d'Avant. Pour qu'un soupçon de lucidité vienne contrebalancer une bonhommie parfois trop naïve.

   
    Je me suis inscrit sur Copains d'Avant. Mais oui, ce site qui vous propose de "retrouver vos amis". Déjà, il convient de rectifier : des amis, ça ne se perd pas. Des copains, des potes, des connaissances, oui. Mais de vrais amis, non. Ceux qui tiennent à vous et auxquels vous tenez sont aussi ceux qui donnent et à qui vous donnez régulièrement des nouvelles. Surtout depuis qu'on a basculé dans l'ère du téléphone portable et de l'email. Pas d'excuse donc : s'ils vous ont laissé tomber du jour au lendemain, c'est qu'à coup sûr, ils n'étaient pas de vrais bons amis. Ou qu'une brouille est venue entâcher ce qui autrefois, pouvait être une belle amitié.

    Quoi qu'il en soit, on serait tenté d'utiliser ce site pour recoller les morceaux. L'heure du pardon généralisé aurait-elle sonné ? Encore faudrait-il en avoir envie. Même inscrit sur ce site, je sais pertinemment que je n'irai pas y rechercher certaines personnes, si bonnes qu'aient pu être nos relations. Il y a des mésententes qu'on n'efface pas d'un click de souris.

photoclasse.jpg Souvenirs heureux

    Par contre, certains souvenirs agréables, liés à l'enfance, vous donnent parfois envie de savoir ce que vos anciens camarades de classe ou partenaires de clubs sportifs sont devenus. Pour autant, il s'agit ici plus de curiosité que d'un réel désir de renouer le contact. Et puis vouloir dialoguer avec celui ou celle qui était assis(e) à côté de vous dans la classe de maternelle, c'est aussi, passé le cap de la redécouverte, accepter l'éventualité de ne plus rien avoir à se dire. Chacun ayant tracé sa route, il est rare d'avoir conservé des points communs avec le temps, surtout quand l'amitié se limitait à partager son goûter ou à s'associer lors d'un cache-cache endiablé pendant la récré.

    Bizarre, tout de même, cette manie de vouloir renouer avec son enfance, son adolescence. D'autant plus que ces premières années se déclinaient en joies comme ...en peines. Les premières bagarres, les fessées, le coin, puis les bulletins qui font mal, les peines de coeur, les punitions. A en croire toute cette mode du "revival", seuls les bons souvenirs seraient restés.

Peur du futur ?

    A moins que ce ne soit une certaine forme de peur du futur, d'angoisse face à l'avenir qui nous pousse à nous réfugier vers un passé perçu comme réconfortant. L'incompréhension, la non-adaptation au présent favorise le repli sur soi. Le retour vers des valeurs sûres : les siennes. Donc les bons souvenirs, de préférence. Certains s'enferment dans les jeux vidéos ou la science-fiction, se fabriquant une réalité alternative, virtuelle. D'autres se tournent plutôt vers leur enfance. Mémoire embrumée d'une époque dorée ? Peu importe, cet étrange retour, favorisé par les technologies d'avenir, accapare le présent. En témoignent les soirées citadines où de très vieux ados s'éclatent devant Chantal Goya ou l'intégrale des Musclés.

    Grand bien leur fasse. Copains d'Avant s'inscrit dans cette même logique. Renforçant encore un peu plus une certaine forme de communautarisme. Ce n'est pas en recherchant ses vieux potes que l'on s'en crée de nouveaux. Ce n'est pas en se tournant vers des visages connus que l'on élargit son cercle d'amis. En bref, ce n'est pas comme ça que l'on favorise l'ouverture vers d'autres communautés, d'autres formes de pensée.

...is watching you

    Tribu, repli sur soi et ...fichage. Sans tomber dans la paranoïa, il faut savoir que l'exposition sur la toile de tant de données personnelles intéresse au plus haut point les entreprises soucieuses de développer leur fichiers clients. Ne vous étonnez pas de recevoir tant de publicités dans votre boîte mail. En poussant un peu plus loin le bouchon "orwellien", on pourrait imaginer toutes sortes de scenarii liés à l'exploitation par l'administration toute puissante de ces informations. Le contrôle des populations est porté à son paroxysme lorsque celles-ci y concourrent volontairement, lorsque son idée même en est acceptée...

    D'où mon refus de prendre part à l'internationale du renseignement (Facebook), ou ma volonté de limiter au maximum les infos disponibles sur mon profil de Copains d'Avant. Surtout quand on exerce un métier soumis à de plus en plus de pressions. Sans aller jusqu'à ces extrémités, je suis de ceux qui pensent que la vie privée, malgré la mode du bling-bling, c'est quelque chose qui se préserve...


J. M.




www.copainsdavant.linternaute.com







Par J. M.
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Samedi 1 mars 2008
    On nous endort avec des discours sécuritaires. Le phénomène n'est pas nouveau. Mais de là à fermer les yeux sur les plus grosses malversations, c'est trop. Réveillez-vous !


    La lucidité. C'est ce que Serge Halimi espérait provoquer chez le lecteur de son pamphlet Les Nouveaux Chiens de Garde.  Le journaliste serait bien étonné de voir que non seulement les Français sont lucides face à la corruption, la collusion et les scandales, mais qu'en plus ils les cautionnent !


    Je ne l'invente pas, c'est dans Le Monde d'hier. Sous la forme d'un bref encadré, c'est de la bouche de Pierre Lascoumes, chercheur au Centre d'études de la vie politique française (Cevipof), qu'émane ce sombre constat. Evoquant les municipales, l'observateur explique que "les principes éthiques n'arrivent pas au premier rang des préoccupations des électeurs". Ceux-ci, poursuit-il, "considèrent  que la politique, finalement, c'est comme ça, qu'on ne peut procéder autrement". Le clientélisme serait donc, selon la majorité des Français, une sorte de seconde nature, un gène commun à tous les édiles, un travers inné qu'il faudrait bien se résoudre à accepter. newbribe.jpg

    Le mauvais exemple, à force d'être reconduit et rapporté, s'est donc transformé en banalité tolérée, sinon acceptée. Les dérives mafieuses de nos dirigeants ne nous choquent plus, tant que leurs promesses sont tenues et que le boulot est fait. Raisonnement qui n'en finit plus de m'étonner : pardonnerait-on aux violeurs si on savait qu'ils se comportent très bien avec leur mère ? Passerait-on sur les malversations de certains grands patrons au prétexte que ceux-ci brassent chaque jour des millions ?  J'ose espérer que non.

    Justement, dans Marianne, aujourd'hui, retour sur les millions d'euros disparus des caisses de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Après avoir été mis en examen, son ancien président, Denis Gauthier-Sauvagnac, aurait touché 1,5 million d'euros de retraite dorée ainsi qu'une colossale compensation financière pour faire face à d'éventuelles condamnations pénales et fiscales, "s'il gardait le silence sur l'identité des bénéficiaires des millions d'euros en liquide", nous livre l'hebdomadaire.

    Ce genre de dérives seraient donc admises par de plus en plus d'électeurs. Alors qu'il ne se passe pas un jour sans que les sociétaires du Medef ou de l'UIMM ne nous resservent leur affligeant argumentaire d'un "SMIC trop haut en France, frein à l'économie", ou des prétendues "barrières législatives" qui grignoteraient leur liberté d'entreprendre et leurs... profits. Mais c'est toujours pareil, pendant qu'on tire à boulets rouges sur les jeunes de banlieues, les chômeurs ou les fonctionnaires, les délinquants des beaux quartiers continuent de s'en mettre plein les poches dans l'indifférence générale.

    Jusque-là, on avait la décence de s'en indigner, par lucidité, donc. Aujourd'hui, c'est fini. On a décidément les dirigeants qu'on mérite.


J. M.
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Par J. M.
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Mardi 26 février 2008
    Les fortifications historiques de Perpignan ont, dans leur très grande majorité, disparu au début du XXe siècle. La magie du web les a ressucitées.


Perpiavant.jpg     Elle paraissait imprenable. La meilleure place forte d'Europe, avait-on coutume de dire avant 1689.  Résistance éternelle ? Le temps a pourtant eu raison des défenses de la "Fidelissima vila". Perpignan a perdu ses murailles, et à coup sûr, une partie de son charme au début du siècle dernier.    
    Jadis considérée comme la "clé et porte de l'Espagne", à laquelle Charles Quint tenait autant qu'à la prunelle de ses yeux, la capitale du Roussillon s'est alors développée sur les ruines encore fumantes des remparts de Vauban. Les dirigeants municipaux de l'époque n'épargnèrent que la citadelle, sans doute sauvée du désastre grâce à l'immuable présence militaire au sein des casernes jouxtant l'ancienne demeure des Rois de Majorque.

Au pied des cayrous
   
Enfant, j'ai toujours été fasciné par ce palais. Ma grand-mère habitant à deux pas, il n'était pas rare que nous partions nous amuser à l'ombre des solides remparts de briques rouges. J'imaginais alors des chevaliers s'empressant dans la poussière, jetant férocement leurs grapins au sommet des murs pour tenter d'envahir le palais. C'était peine perdue. Les barbelés les auraient arrêtés.
   
undefined Plus tard, j'ai compris mon anachronisme. Les militaires de la DGSE, nouveaux maîtres de la citadelle, empêchent toujours les visites sur les bastions et courtines successivement aménagés et renforcés par Charles Quint, Phillipe II d'Espagne et Sébastien Vauban. Aucun visiteur civil n'y a posé les pieds depuis des dizaines, des centaines d'années. Privés de citadelle, confinés au seul palais des Rois de Majorque, les Perpignanais n'ont plus que leur tête, leur coeur pour imaginer faire un jour le tour complet de l'ouvrage.
Imaginer comment, du haut de la citadelle ou des remparts de la ville disparus, leurs ancêtres luttèrent, défiant les troupes de Louis XI pour demeurer Catalans. Bravant la faim et la mort par loyauté envers "leur" patrie, jusqu'à se faire attribuer le peu gratifiant surnom de menjarates (mangeurs de rats) par l'occupant...

Imaginer et c'est tout  

    Je n'ai jamais suivi les préceptes d'un catalanisme passéïste. A l'heure de l'Europe, la démarche indépendantiste me semble une aberration. La sauvergarde de la culture, une nécessité. Voilà pourquoi j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à me pencher sur l'histoire de ma ville d'origine. Voilà pourquoi j'ai souvent tenté d'imaginer ce que pouvaient ressentir mes ancêtres (si tant est qu'ils fussent Perpignanais !) lorsqu'ils se promenaient sur les remparts, scrutant la campagne environnante ou admirant encore et toujours ce vieux Canigou. Adolescent, je me suis pris de passion pour le récit des vieilles enceintes de la cité. Sillonant le centre-ville à la recherche de la moindre trace, du moindre indice permettant d'en raviver le souvenir, j'avais l'impression de parcourir les méandres du temps. L'ouvrage d'Antoine de Roux sur le sujet (1), bien que très explicite, avec ses vues du plan en relief de 1686 commandé par Louis XIV, ne parvenait pourtant pas à rassasier mon esprit fécond. Alors, l'imagination trouvant ses limites dans la vérité historique, une sorte de nostalgie de ce glorieux passé architectural poignait en moi...

Les murailles relevées  

    Jusqu'à ce que mes recherches internet me poussent par hasard vers un site formidable : kikiarg.neuf.fr/index.html. Un (ou des ?) passionné(s), a rassemblé une foule de photos, gravures et cartes postales du début du siècle montrant les fortifications avant leur destruction, avec tous les bastions, portes et ouvrages avancés qui formaient alors la défense de la ville. Très ludique, le site établit des parallèles entre les vues proposées, le plan en relief de Vauban et des photographies actuelles prises exactement au même endroit. Avec une navigation fléchée, permettant, au fil des illustrations, de s'offrir l'illusion d'une balade au milieu des fortifications.
    Le contraste avec la ville actuelle apparaît d'autant plus frappant. Perpignan n'a plus rien à voir avec cette cité encore médiévale, enchâssée dans ses imposants remparts. Les immeubles ont depuis grignoté, dévoré la campagne qui l'environnait. Le ramdam des boulevards a remplacé la quiétude des demi-lunes. Et au vu de cette balade didactique, on ne peut que regretter que les édiles de la Belle Epoque aient conservé seulement un dixième de ces chefs-d'oeuvre de l'art militaire, de cette mémoire du Perpignan historique.



J. M.



(1)  Antoine de Roux, Perpignan à la fin du XVIIe siècle, le plan en relief de 1686, Caisse nationale des Monuments Historiques et des Sites, Mission d'Aménagement du Musée des Plans-Reliefs.


Photos tirées du site kikiarg.neuf.fr/index.html
Par J. M.
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